Amm. Marc., loc. cit
des païens et même les pratiques augurales qui en faisaient partie. « Je ne confonds point, écrivait-il au sénat, l’art des aruspices avec le crime des auteurs de maléfices, et je n’impute nullement à crime, ni cet art en lui-même, ni aucune des pratiques religieuses permises par nos prédécesseurs. J’en atteste les lois que j’ai données dès le début de mon empire, et par lesquelles j’ai accordé à chacun la faculté de suivre le culte dont son esprit est imbu. Ce n’est point l’art augurai que j’interdis, mais l’usage nuisible qu’on en peut faire 1 . » Et comme pour donner un témoignage plus certain de son impartialité, peu de jours après, par une autre constitution, il accordait aux pontifes païens, pourvu qu’ils fussent parvenus à leur dignité sans brigue et par des moyens légitimes, toutes les immunités qui n’appartenaient qu’aux fonctionnaires élevés au rang de comte*. Il ne montrait pas moins de justice envers les Juifs, si particulièrement odieux aux chrétiens. Un jour que des soldats en campagne s’étaient installés de force dans une synagogue, il blâma sévèrement, par un rescrit, le magistrat qui les avait autorisés: « Vous auriez dû, dit-il, respecter un lieu consacré au culte de la Divinité 3 . »
Ce qu’il ne se permettait pas à lui-même, il ne tolérait pas davantage qu’on le fît sous ses yeux, par un