‹ L' église et l'empire Romain aux IVe siècleChapitre 69 sur 111 · Efomsio; (Xôyo;), r) uepi xiXXovc jüaai).ty.oô · texte numérisé non relu

Efomsio; (Xôyo;), r) uepi xiXXovc jüaai).ty.oô

mour lui -même manque de tout cela, car s’il avait ce qu’il cherche, il ne le désirerait plus. L’amour est donc la privation de tout. J’avais bien compris qu’il en était ainsi, mais je ne l’avais pas encore éprouvé.... Et je ne pouvais pas dire que l’amour m’eût fait encore entreprendre un long voyage, ni braver de longues épreuves, ni passer la vie dans les champs, exposé aux intempéries de l’air.... Mais maintenant, ô très-excellent Socrate , tout ce que tu racontes de l’amour, et plus encore, m’est arrivé. Pour lui j’ai fait, du Tigre jusqu’à l’Océan, une course presque égale à celle du soleil.... J’ai passé, sans fermer l’œil, des nuits et des jours; j’ai couché sur la dure, en plein air, sans couverture et sans chaussure.... cherchant partout à rencontrer ce qui ne s’offrait à moi nulle part, une belle âme dans un beau corps, jeunes l’un et l’autre, ayant déjà en partie la beauté, et promettant d’avance que le temps donnera ce qui manque. Voilà les délices que j’ai cherchées et suivies partout à la piste, comme le chasseur suit le gibier.... Mais pourquoi de plus longs détours? Dépouillant tout voile, c’est de toi que je veux parler, ô toi, mon fds et mon roi! mon fils, qui es aussi mon père : enfant qui surpasses en vertu les cheveux blancs! ô toi, heureuse proie obtenue par une longue chasse 1 !

« .... Quand Socrate avait trouvé de beaux jeunes

1. Maxâfiov Oïif«[Aa tt,î épr,; i/vr,),aaia;. — Tliém., Or.,\iu, p. 101- 105, passim.

292 LA BATAILLE D’aNDIUNOI'LE.

gens, il lui restait encore, disait-il, à chercher de belles lois et de belles institutions. Et cela t’était nécessaire, ô fils de Sophronisque, parce que, quand tu aimais Alcibiade ou Charmide, l’objet de tes amours était humble et mêlé au vulgaire. Mais mon amour, à moi, embrasse aujourd’hui deux empereurs, issus du même sang, et animés du même esprit de justice. Je n’ai plus besoin d’aller chercher en dehors d’eux des institutions et des lois, car tout cela fait partie de la beauté d’un souverain; et, dès le premier degré de l’amour, je trouve ce que, loi, tu n’attendais que du second et du troisième. Mon voyage d’amour est donc moins laborieux que celui de Socrate 1 .

« .... Et te voici sous mes yeux, Rome, illustre cité, véritable mer de beauté... Je vois le séjour de ces lois saintes et révérées, par le moyen desquelles Numa a uni cette ville au ciel. Grâce à vous, fortunés mortels, les Dieux n’ont pas encore déserté la terre.... Le temps est venu, illustres rejetons de Romulus, où, déposant la toge, vous devez revêtir la robe blanche, pure comme le siècle et comme l’empire qui commencent, célébrer des chœurs, remplir les places publiques de l’odeur des sacrifices , et couvrir de vos hommages l’objet de mes amours.... Et toi, ô père des Dieux et des hommes, Jupiter, fondateur et gardien de Rome; Minerve, dont Jupiter est à la fois le père et la mère; Quirinus, divin

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