‹ L' église et l'empire Romain aux IVe siècleChapitre 70 sur 111 · Thüai., Or., mu, p · texte numérisé non relu

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LA BATAILLE d’ANDRINOPLE. 293

tuteur de l’empire romain, faites que mes amours chérissent Rome, et que Rome, en retour, les chérisse 1 . » On ne sait point comment les sénateurs chrétiens, si nombreux dans la curie, accueillirent cette effusion de dévotion païenne. On ne nous dit pas non plus quelle impression produisit sur les imaginations épurées par la foi ce singulier mélange de mysticisme et de sensualité renouvelé des plus tristes souvenirs qui avaient déparé les beaux temps de la Grèce. Personne, sans doute, n'osa interrompre Thémistius. Mais si les chrétiens eurent ce jour-là à subir une humiliation que leur imposait la courtoisie naturellement due à un tel hôte, ils n’eurent pas longtemps à attendre une revanche : elle leur vint de haut. Le sénat ne pouvait manquer , en effet, d’envoyer une députation à l’empereur pour le remercier de sa clémence : des délégations de tous les corps constitués durent s’y joindre pour offrir, suivant l’usage, à leur nouveau maître, l’hommage de leur soumission. Or, voici ce qui se passa dans l’une de ces ambassades, du moins si l’on en croit ce que raconte, en termes un peu énigmatiques, l’historien Zosime :

« C’était, dit-il, l’usage des Romains de mettre leurs rois au nombre des souverains pontifes, en raison de l’excellence de cette dignité. Cela fut fait à l’égard de Numa Pompilius et de tous ceux qui ensuite eurent le nom de roi, et, après eux, d’Octavien lui-même, comme

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