‹ L' église et l'empire Romain aux IVe siècleChapitre 7 sur 111 · Claud., in Prob. et Olyb. cons · texte numérisé non relu

Claud., in Prob. et Olyb. cons

Quemcunque requires

Uac de stirpo virum eertum est do consule nasci.

Per fasces numerantur avi, etc.

S. Jér., Ep. 130, ad Detnetriadem. Scilicot nunc milii Proborum et Olybriorum repetenda sunt noniina et illustre Anicii sanguinis genus in que aut nullus aut rarus est qui non merucrit cousulatum.

situés, elles faisaient bénir son nom dans toulcs les provinces de l’empire, et même au delà des frontières, chez les Barbares. Partout où l’on parlait des richesses de Probus, on parlait en même temps des bienfaits d’Anieia. Des contrées les plus éloignées on se rendait à Rome pour admirer l’un et remercier l’autre. Une fois même on raconte que deux grands personnages de Perse, venus en Italie pour quelque affaire, firent le détour de Rome tout exprès pour être admis à voir ce célèbre couple. L’antique palais des Anices, renommé déjà par son éclat et surtout par l’incomparable beauté de ses marbres, devenait ainsi le centre d’une société active, adonnée à la fois à la politique et à la piété, et où l’on parlait incessamment des affaires de l’État et des intérêts de l’Église. C’était le rendez-vous des sénateurs chrétiens 1 .

On y voyait arriver le préfet de Rome, Olybrius, proche parent de la famille, puis les sénateurs Toxatius et Pammaehius, descendants des Jules et des Émile. Pendant que Probus discutait avec ses amis des nouvelles du jour, dans quelque galerie de porphyre ou de basalte, en décachetant les courriers de Milan et de Constantinople, les femmes de ces grands dignitaires, la belle Paule et ses trois filles, la jeune

1. Prud., contra Symmachum, i, v. 550 etsuiv. — S. Aug., Fp. 130. — S. Jôr., Fp. 130, ad üemel .. — S. Anib.,éd. Ben. Opp. t. ii, Appcndix, p. 34.

Pauline, récemment mariée, Blésille et Eustoquie encore enfants, réunies dans une retraite intérieure derrière un voile de pourpre, s’entretenaient, avec la maîtresse du palais, de la gloire de Dieu et du soin des pauvres. Parfois atteintes de cette lassitude des biens du monde qui ne se développe jamais mieux chez les grands cœurs qu’au sein des hautes fortunes, ces saintes et nobles dames tournaient des regards d’envie vers les retraites de la pauvreté volontaire, où plusieurs de leurs compagnes les avaient déjà devancées. Elles se racontaient les austérités de Marcelin, qui, depuis vingt années écoulées, pratiquait dans le jeûne et la solitude les conseils qu’elle avait reçus, toute enfant, d’Athanase proscrit. On parlait de Mélanie, la petite-fille du consul Marcellus, qui venait de perdre en un an son époux et ses deux enfants, et qui, après avoir ramené à Rome leurs dépouilles mortelles, se trouvant déchargée du fardeau des affections humaines, et libre de servir Dieu sans partage, venait de s’embarquer pour Jérusalem, afin de n’avoir plus d’autre patrie que le tombeau du Christ. Devant ces grands exemples de la fragilité des biens qui passent, et de la force de l’amour divin, leurs yeux se mouillaient de larmes, puis se reportaient avec répugnance sur les broderies d’or qui enrichissaient leurs tuniques, et sur les pierreries dont le poids fatiguait leurs épaules 1 .

I. Airim. Marc., xxviit, 4. — S. Jér., Ep. 127, ad Principiam vir- Qtncm; 31, ad Emlochium .

D’autres hôtes fréquentaient aussi à toute heure cette demeure royale et hospitalière. C’étaient des jeunes gens de bonne famille, chrétiens de naissance, et que leurs parents, habitant la province, envoyaient à Rome achever leurs études, ou faire à l’école du barreau leur apprentissage politique. Car Rome était toujours un grand centre d’études, surtout pour l’enseignement du droit. Les écoliers y abondaient, au point que Valentinien lui-même dut faire un édit tout exprès pour maintenir la police dans cette colonie juvénile. 11 les assujettit à ne se présenter que munis d’un certificat du gouverneur de la province, constatant leur lieu d’origine, leurs moyens d’existence et le genre de travaux auxquels ils voulaient s’adonner. Plein pouvoir était donné aux magistrats de la ville pour punir, et au besoin pour renvoyer ceux qui ne remplissaient pas leur programme, ou menaient une vie déshonnête, et aucun écolier ne devait prolonger ses cours au delà de sa vingtième année. Les jeunes chrétiens soumis à ces lois sévères étaient heureux de trouver chez Probus un protecteur, et dans sa maison splendide, en même temps que d’utiles enseignements, des plaisirs honnêtes, propres à satisfaire l’ardeur naturelle à leur âge. Probus lui-même avait trois fils encore enfants, et tous les rhéteurs connus, non-seulement de Rome, mais des Gaules et d’Espagne, étaient mis en réquisition pour diriger leur éducation 1 .

Page 1