Cod. Theod., xiv,'9. — Auson., Ep. xvu
Parmi les jeunes habitués du palais desAnices il y en avait deux en particulier dont l’avenir s’annonçait avec éclat. L’un était le fils d’un ancien préfet des Gaules, resté orphelin fort jeune et amené à Rome par sa mère, avec son frère et sa sœur également en bas âge. Sa famille, illustre dans l’État comme dans l’Église, comptait parmi ses aïeux des consuls et des martyrs. Il se distinguait lui-même par un esprit lucide, un caractère droit, et par une facilité de parole si brillante qu’on renouvelait pour lui la gracieuse fable des abeilles faisant leur miel sur les lèvres de Platon enfant. Probus, charmé de ces qualités précoces, l’avait pris pour secrétaire particulier et le destinait aux plus grands emplois. Avec une telle naissance, des dons si éclatants, et un si puissant protecteur, il n’y avait point de dignités auxquelles Ambroise, c’était son nom, ne put prétendre 1 . L’autre était d’un naturel plus rude et d’une humeur plus inquiète : il avait vu le jour dans ces régions du nord de l’empire, que la civilisation romaine n’avait tout à fait ni polies, ni corrompues. 11 était de Dalmatie, la province qui fournissait le plus de bons soldats à l’empire, et il y avait quelque chose de militaire dans sa manière de vivre et de parler. Bien qu’il fut chrétien très décidé, sa jeunesse n’était point sans écarts et s’écoulait dans des alternatives d’entrainement et de repentir. Passionné à la fois pour