‹ L' église et l'empire Romain aux IVe siècleChapitre 9 sur 111 · S. Amb , Vila a Paulino scripta. Opp. t. it, p · texte numérisé non relu

S. Amb , Vila a Paulino scripta. Opp. t. it, p

le plaisir et pour l’ctude, avide de tout voir et toujours en course, passant du Capitole aux catacombes, épris presque également des dogmes de l’Évangile et de la poésie d’Homère, il lisait l’Écriture sainte tour à tour avec la ferveur d’un anachorète et avec le dédain d’un lettré d’Athènes. La loi de Dieu, qui touchait son cœur, n’avait encore ni captivé son imagination, ni dompté ses sens. On le nommait Jérôme 1 .

Tel était le mouvement et l’éclat qui rayonnaient à Rome autour des nobles familles chrétiennes. Tous les sénateurs pourtant ne suivaient pas l’exemple de Probus, et malgré la perte de si importantes positions, la dernière citadelle du paganisme n’avait pas encore capitulé tout entière. Un grand nombre de nobles maisons restaient vouées aux anciennes traditions, et, se piquant même d’émulation par la concurrence, s’efforcaient de leur rendre quelque lustre. La famille do Symmaque, entre autres, tenait dans les rangs des païens la même place que les Anices parmi les chrétiens. Là aussi les magistratures étaient héréditaires, et avec elles un dévouement passionné aux souvenirs do la république et de l’antique littérature. C’était à ce goût des lettres et de l’antiquité classique qu’Avienus Symmachus avait dû la faveur de Julien, grand ap-

1. S. Jér., Ep. 5, 7, 14, 10, 18, 47. Los détails nombreux que donne saint Jérôme sur toute la famille de Probus ne laissent pas douter que pendant son séjour à Rome il n'eût été admis dans l’intimité de cette maison.

prédateur de ce genre de mérite, et la dignité do préfet de Rome, début de sa fortune. 11 gérait encore celle magistrature en 365, et, grâce à ses soins éclairés, jamais la ville n’avait joui d’une sécurité plus parfaite, ni (ce qui était le point important pour celte cité affamée et dévorante) vu sa subsistance assurée avec plus de régularité. Le nom de Symmaque demeurait attaché à la construction de monuments considérables, entre autres à l’achèvement du grand pont qui joignait un des quartiers voisins du Tibre à l’une des grandes lies de ce fleuve. Mais l’éclat de sa réputation pâlissait déjà devant celle de son jeune fils Aurélius, élevé dans l’amour de l’éloquence par un rhéteur gaulois du premier mérite. Celui-là, tout jeune encore, avait l’âme d’un païen et d’un quirite de vieille roche : il confondait dans un même culte ses dieux, sa patrie et ses livres, Jupiter, Rome et Cicéron. A peine sorti de l’adolescence, il faisait déjà partie du collège des pontifes. Nommé questeur en Lucanie, il rendait régulièrement compte de sa conduite à son père dans des lettres fort travaillées, qui sont des pièces de rhétorique de bon goût, et le grave magistrat y répondait par l’envoi d’épigrammes versifiées sur les événements et sur les personnages du jour. Pline le Jeune et Tacite n’auraient pas mieux fait. Il n’y manquait que Trajou cl les beaux jours de l’empire 1 .

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