S. Grég. Naz., Or. xxvi, 8, U
ment suspects et les éconduisit froidement, chargeant l’évêque Àscole, qui l’accompagnait, de faire rapport de tout au pape Damase et de lui demander avis. Maxime, déçu de ce côté, prit le parti de se réfugier à Alexandrie pour se réclamer de la protection de Pierre, qui avait concouru à son élection. Théodose arrivait donc seul, sans parti pris, mais l’esprit un peu troublé, et ne voyant pas encore bien clairement la voie qu’il devait suivre 1 .
Cet embarras fut visible dans le premier entretien qu’il voulut avoir sur-le-champ avec Grégoire. Un aussi bon catholique ne pouvait recevoir qu’avec les plus grands honneurs l’ami de Basile, l’une des lumières de l’Église d’Orient. Aussi rien ne manqua à la politesse et à la déférence de l’accueil impérial. Les paroles du prince respirèrent le dévouement le plus chaleureux à la vraie foi; mais il évita de prendre aucun engagement positif; quelque froideur régna entre les interlocuteurs et se prolongea pendant toute la conversation, car en rendant compte de son impression, bien des années après, Grégoire disait encore : « Il me parut un homme excellent, très-attaché à la sainte Trinité : pas tel cependant qu’il pût, par la ferveur de son zèle, réparer dans le présent toutes les ruines du passé. Ou si ce n’était pas le zèle qui lui manquait, c’était... que dirais-je? la confiance ou l’audace 2 . »