‹ L' église et l'empire Romain aux IVe siècleChapitre 96 sur 111 · S. Grog. Naz., Carat. de vita sua, v. 1325 et suiv · texte numérisé non relu

S. Grog. Naz., Carat. de vita sua, v. 1325 et suiv

CONCILE DE CONSTANTINOl’LE.

lumière éclatante inonda toute l’église cl lit briller do mille feux les riches ornements des prêtres et les épées nues des soldats. Grégoire lui-même parut tout enveloppé d’une auréole, et le Saint-Esprit sembla le toucher d’un de ses rayons. Une clameur pareille au tonnerre s’éleva alors de tous les coins de l’édifice. « Vivo l’évêque Grégoire! » répétait la foule sur tous les tons. Des voix de femmes, plus perçantes encore et plus émues, faisaient écho du haut de la tribune supérieure. Grégoire aurait voulu se lever pour arrêter cet élan : la force lui manqua, et un des prêtres places près de lui se chargea de transmettre à l’assistance ces paroles entrecoupées : « Assez de cris, mes amis : c’est aujourd’hui l’heure de rendre grâces à Dieu : il sera temps ensuite de songer au reste. » Un murmure d’approbation accueillit ce dernier essai de résistance d’une modestie vaincue. Le service divin fut repris, et s’acheva sans nouveau trouble. Ce ne fut que le lendemain que Grégoire, tout en protestant toujours qu’il ne regardait pas sa nomination comme définitive, tant qu’un concile ne l’aurait pas confirmée, consentit à prendre place sur le trône épiscopal. La révolution se trouva ainsi consommée, et pas une goutte de sang répandue, pas une violence commise, ne vint tristement caractériser l’appui qu’après un demi-siècle d’injures laissées sans vengeance la force venait, pour la première fois, de prêter à la vérité*.

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