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Ce vaillant peuple du Nord, si maltraité dans l'esclavage, avait des idées et des mœurs plus réellement chrétiennes, suivant l'historien byzantin Léon. « Us regardaient, dit-il, « leurs adversaires comme ennemis, tant qu'ils combattaient « sur le champ de bataille. Ils traitaient les captifs avec dou- « ceur, ne les réduisaient point en captivité, mais leur per- < mettaient, au contraire, de s'en retourner, après avoir payé • une rançon, ou de vivre en liberté parmi eux (2). »
Bel exemple donné par des peuplades à demi-sauvages, que ne suivaient point les nations gouvernées par l'Église! Un coup d'œil rapide jeté au delà des frontières de l'Empire franc ne nous a point montré l'Église travaillant avec plus de zèle dans les pays voisins à l'abolition de l'esclavage. Partout elle est puissant? et presque souveraine, et partout elle songe plutôt à conserver et à étendre les prérogatives de sa puissance, qu'à relever les nations courbées sous un joug de fer. Malgré elle, le servage en France remplace l'esclavage. Nous allons voir si, au x* siècle, elle favorisera davantage l'émancipation des serfs, et comment ensuite elle accueillera la Révolution communale.
(1) Dltmar, Mers. EpUc. Chron., p. 419.
(ï) Biitoire de 11 légiitation slave, 1. i*t, p. 7i. — Yanoski, d$ F Abolition de l'esclavage, p. 151-152.