‹ L'église et l'état au CanadaChapitre 3 sur 6 · LA UE VE · texte numérisé non relu

LA UE VE

aux vues larges et élevées, se connurent, ils conçurent l’un pour l’autre l'estime et la confiance la plus sincère. Carleton était un véritable homme d'Etat ; Mgr Briand, un évêque d’un désintéressement, d’une loyauté, d’une droiture, d’un esprit de conciliation vraiment admirables. Le gouverneur et le prélat se vovaient très souvent, et se communiquaient leurs pensées et leurs sentiments sur les hommes et sur les choses, pour le bien du pays, et celui de l'Église : et cela avec d’autant plus de facilité et de liberté que Carleton parlait admirablement le français :

« Nous jouissons ici, écrit un jour Mgr Briand à l’un de ses missionnaires les plus éloignés de Québec, d’une paix profonde, sous le gouvernement d’un des plus aimables hommes, et la religton s’y exerce avec pleine liberté, et plus de ferveur en plusieurs, que jamais. Nous n'avons d'autre afiliction que la crainte de le perdre (1). »

IL écrivait cela deux ans après l’arrivée de Guy Carleton au Canada.

« C'est un excellent homme, écrit-il l’année suivante à un autre missionnaire, aimé et aimable, estimé et vraiment estimable. Nous ne nous apercevons point que nous sommes sous un gouvernement protestant. Dans le civil, les catholiques, les protestants, se voient, se fréquentent cordialement. Le ministère s'exerce comme du temps des Français. »

« Rendons grâces à Dieu, écrit-il à son clergé, de nous avoir donné un gouverneur si vigilant pour les intérêts de son Prince, si zélé pour la conservation de la paix et la tranquillité dans sa Province, si bien prévenu en faveur des ecclésiastiques et si favorable à notre sainte religion. »

Au Roi lui-même, à qui Mgr Briand adresse un jour une humble supplique pour la continuation du collège de Québec par les Jésuites, le prélat glisse cette phrase si sympathique au gouverneur :

« Vos ordres, dit-il, sont ici fidèlement exécutés par l'honorable M. Carleton, qui s’est attiré l'estime générale et les plus tendres affections de tous les habitants. »

(1) Les lettres de Mgr Briand que nous citons sont aux archives de l'Evêché de Québec.

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