CONSÉQUENCES SOCIALES DU MTURA L.ISME POLITIQUE
« Parce que, où la religion est bannie de la société civile et la doctrine et l'autorité de la révélation divine répudiées, la notion authentique de la justice et du dro\ humain s'obscurcit et se perd et la force matérielle^, prend la place de la vraie justice et du droit légitime, on voit clairement pourquoi certains hommes ne tenant compte aucunement des principes les plus certains de la saine raison osent publier que la volonté du peuple manifestée par ce qu'ils appellent l'opinion publique, ou d'une autre manière, constitue la loi suprême, indépendante de tout droit divin ou humain; et que dans V ordre politique les faits accomplis, par cela qu'ils sont accomplis, ont vigueur de droit (1). »
(1) Quoniam ubi a civili societate fuit amota religio ac repudiata divines revelationis doctrina et auctoritas, vel ipsa germana justitia humanique juris notio tenebris obscur atur et amittitur, atque in verce justitiœ legitimique juris locum materialis substituitur vis ; indeliquet cur nonnulli, certissimis sanœ rationis principiis penitus neglectis posthabitisque, audeant conclamare « voluntatem populi publica, quant dicunt, opinione vel alia ratione manifestatam , constituere supremam legem ab ornni divino humanoque jure solutam; et in ordine politico facta consummata, eo ipso quod consummata sunt, vim juris habere Encyclique Quanta cura, § Et quoniam.
Telles sont les paroles par lesquelles le Saint-Père dans son Encyclique signale les funestes effets que produit le naturalisme politique dans l'ordre social lui-même. Il affirme trois choses : premièrement que la société étant sécularisée par sa séparation d'avec l'Eglise, le concept même du droit s'obscurcit et se perd. Deuxièmement que ce concept étant ainsi altéré et puis écarté, la force matérielle lui est substituée. Troisièmement que c'est de là qu'il faut faire venir la théorie de l'opinion publique et celle des faits accomplis, fondements principaux auxquels s appuie et se rive le droit nouveau. Ces trois points nous fournissent la matière et la division de ce chapitre. Nous ne ferons usage que de raisons naturelles, car ce sont des raisons naturelles que le Pape oppose aux défenseurs de ce funeste système (sanœ rationis principiù penitus neglectis posthabitisque).