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INJUSTICE DU MOYEN

Bien que les temps soientpassés où le nom declerc était synonyme d'homme de lettres , néanmoins, Dieu merci,

(1) Inidprœcipue intendunt fallacissimi isti homines ut salutifera \ catholicœ Ecclesiœ doctriaa ac vis a juventutis institutione et educatione

prorsus eliminetur ac teneri flexibilesque juvenwn animi pemiciosis quibusque erroribus vitiisque misère inficiantur ac depraventur. Siqui~ dent ornnes qui rem tum sacram, tum publicam perturbare, ac rectum societatis ordinem evertere et jura omnia divina et humana delere sunt conati, omnia nefaria sua consilia, studia et operam in improvidam prœsertim juventutem decipiendam ac depravandam... semper contulerunty omnemque spem in ipsius juventutis corruptela collocarunt. Encyclique Quanta cura § Et quoniam in fine.

(2) Ose. iv, 2, ssq.

encore aujourd'hui, les ecclésiastiques constituent le corps le plus docte de la société. Les libéraux modernes le nient. Savez-vous pourquoi? Parce que pour eux le progrès de la science se réduit à trois ou quatre théories qu'ils nomment l'affranchissement des peuples, la souveraineté nationale, l'émancipation de l'Etat, grands mots qui leur servent à étourdir les simples tout en se donnant pour savants. Celui qui les répète, même sans les comprendre, est un esprit clairvoyant, un homme supérieur à son temps. Celui au contraire qui les juge, les discute, les fait voir tels qu'ils sont est un obscurantiste, un arriéré, un esprit médiocre, un ennemi de la civilisation. C'est ainsi que nous avous vu Natoli, ministre italien de l'instruction publique, écrire plaisamment que les corporations religieuses enseignantes ont fait leur temps; qu'elles sont frappées de décadence intellectuelle et que la pensée moderne a déserté le couvent. Et pourtant le fait est qu'ils ferment forcément les collèges et les écoles de ces maîtres soi-disant sans crédit et emploient toute sorte de violence pour empêcher le père de famille de leur confier ses enfants. Mais laissant ce ministre inconséquent qui réfute par le fait la calomnie qu'il écrit, disons qu'éloigner le clergé de l'éducation c'est faire une triple injustice : c'est être injuste vis-à-vis des enfants, des parents et de l'Eglise. L'enfant chrétien a certainement droit à une éducation chrétienne sous l'influence de l'Eglise sa mère. S'il a droit à l'aliment qui entretient sa vie corporelle, il a droit aussi à être nourri dans son âme. Or la vie de l'âme a son principe dans la religion, et personne, comme le clergé, n'est propre à communiquer, à fonder ce principe. De plus, par les vertus propres de son état, son abstention des affaires séculières et l'intime connaissance qu'il a des consciences, grâce à son ministère, le clergé mieux que tout autre peut s'occuper fructueusement des élèves, conquérir leur confiance, les

garantir des périls qui menacent leur innocence. Eloigner des jeunes gens de pareils instituteurs c'est donc attenter véritablement aux droits des enfants. La même chose est à dire par rapport aux parents. Sans nul doute, le père a droit de faire instruire et^élever ses fils par qui lui semble plus propre à cet office. Si donc il croit devoir les confier au clergé, n'est-ce pas léser son droit que de l'en empêcher ou de le mettre dans l'impossibilité de suivre son dessein? Et cette offense de son droit est d'autant plus détestable qu'il repose sur un devoir. La fin propre du mariage est de multiplier les adorateurs de Dieu. « Seigneur, vous le savez, ce n'est point par passion que je prends ma sœur que voilà, mais dans le seul espoir d'une postérité par laquelle votre nom soit déni dans tous les siècles (1). » Voilà donc exprimé par la bouche du jeune Tobie dans l'Ecriture, le but des noces. 'Le père est donc étroitement obligé de faire que ses enfants soient pieux et craignant Dieu. Ils peuvent plus ou moins se passer de toute autre chose, mais de celle-là point. Or si, pour remplir pleinement ce devoir, le père sollicite le secours du clergé et veut lui confier ses enfants, qui pourra s'opposer justement à son désir?

Enfin, l'Etat fait manifestement injure à l'Eglise qui exige à bon droit que les jeunes enfants catholiques soient instruits et élevés conformément aux principes de la foi et de la saine morale. Dans le saint baptême , l'enfant devient directement et en soi membre de la société catholique. L'Eglise au nom du Christ l'a reçu dans son sein, en est devenue la mère adoptive, a contracté l'obligation et acquis le droit de l'élever pour Dieu. Si elle l'a rendu à ses parents pour être élevé par eux, elle n'a cédé aucunement de son droit et n'a été déchargée en rien de son

(1) Tob. vin, 9.

devoir. En cela elle dit ce que la fille de Pharaon disait à la mère de Moïse en le lui confiant pour l'allaiter : Reçois cet enfant et nourris-le moi (1).

Et il faut noter ici la différence considérable qui existe entre la société et l'Eglise relativement aux enfants qui vivent du reste sous la tutelle de leurs parents. Ce n'est pas directement mais par le moyen des familles, médiatement, qu'ils appartiennent à la société, tandis que c'est directement au contraire qu'ils font partie de l'Eglise, lui ayant été unis personnellement dans la place que requièrent l'organisme et la fin propre d'une société surnaturelle. De plus la société n'envisage que l'ordre extérieur, partant tout ce qui se rapporte à l'esprit sort du cercle de son action. Dans l'Eglise c'est l'opposé : les biens de l'âme forment son but direct, et si elle touche à l'ordre matériel, c'est en vertu de la connexion de cet ordre avec ces biens. Or si l'instruction, l'éducation n'a d'autre but que de former l'esprit, qui ne voit l'injustice dont on se rend coupable en excluant l'Eglise ou en la soumettant à l'Etat sous ce rapport ?

\ § IV

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