‹ L'Église et l'étatChapitre 17 sur 75 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

I. La société religieuse antérieure à toute autre société. — Nous avons vu, dans la première section, que l'Eglise catholique, expression sensible des rapports que Dieu a établis pour s'unir à ses créatures, est une société visible, parfaite, ayant sa constitution, sa hiérarchie de pouvoirs, son gouvernement, ses lois et sa police propres. On pourrait, en ce sens, appeler très exactement la société spirituelle un État politique ; mais l'usage a réservé cette qualification à la société civile.

a) Considérée dans son origine, la société religieuse précède toutes les autres sociétés ; car la première des sociétés est nécessairement celle de l'homme avec Dieu son créateur; et de fait le sacerdoce a existé longtemps avant les royaumes et les empires.

b) Considérée dans sa constitution actuelle et définitive, elle est encore antérieure à tous les Etats existants.

c) D'ailleurs, nous verrons que la religion est nécessaire à toute association quelconque, qu'elle est le principe même de la vie sociale et le fondement indispensable de l'ordre politique.

II. La famille ou la société domestique. — Suivant le plan originel de la constitution* du genre humain, ce n'est pas seulement envers Dieu que l'homme a des devoirs à remplir ; il ne vit point isolé sur la terre, il a des rapports nécessaires avec d'autres hommes. Ces rapports, d'après la diversité de leur nature, donnent naissance à des devoirs divers et, par conséquent, à des sociétés de genre différent. Dieu est ainsi, non seulement l'auteur de l'homme, mais encore l'auteur de

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