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CONSTITUTION FONDAMENTALE] DU GENRE HUMAIN

il ne crée pas davantage les lois du perfectionnement des facultés naturelles de rhomme ; il en favorise et facilite l'observation.

IV. Rapports généraiix de ces trois sociétés. — Telle est la constitution originelle et fondamentale du genre humain : trois sociétés correspondant aux trois ordres de rapports essentiels que Thomme a avec Dieu et ses semblables, et ayant chacune leur fin propre, déterminée par leur nature particulière. Entre ces sociétés différentes il ne peut, en principe, y avoir de désaccord ni de contradition, d'abord parce que toutes trois viennent d'une même et unique origine, de Dieu, qui est essentiellement sagesse, ordre et harmonie ; ensuite, parce que les fins de ces sociétés s'identifiant avec celles de l'homme et ne formant qu'un seul être avec lui, on ne saurait les séparer sans mutiler et détruire l'homme luimême. Bien plus, malgré leur diversité, les fins spéciales de ces sociétés, loin d'être opposées entre elles, sont toutes nécessairement subordonnées à la fin dernière de l'homme. En effet, les différentes sociétés qui composent l'humanité ne sauraient avoir de fin autre que celle de chaque homme en particulier ; toutes répondent à des besoins et à des tendances de son être ; elles ont son bonheur pour objet. Or, dans l'homme, tout doit tendre au but suprême de son existence ; toutes les fins particulières de ses facultés doivent être dirigées vers sa fin générale ; chaque besoin particulier n'est et ne peut être en lui qu'une manifestation particulière du besoin- qu'il a du bonheur absolu ; toutes ses tendances particulières le portent en définitive vers un même objet, qui est la possession de ce bonheur; en un* mot, toutes ses opérations particulières doivent être rapportés à sa fin dernière, et, à proprement parler, ne sauraient être autre chose que des moyens^ ou directs ou indirects, d'atteindre et de réaliser cette fin. Ainsi en doit-il être de toutes les sociétés, domestique, politique et autres analogues qui ont pour objet le bonheur temporel ou quelque fin ou bien particulier de l'homme. D'où il suit, par une conséquence d'une rigueur absolue, que toutes ces sociétés sont subordonnées à l'Église, laquelle a pour mission propre de conduire l'homme à sa fin dernière, à Téternelle félicité dans la possession de Dieu.

64 L ÉGLISE ET LÉTAT.

L'Eglise est ainsi la société nécessaire par excellence, la société vrainaent suprême.

On voit par là que la société civile est faite pour servir l'individu, non l'individu pour servir la société. « Les sociétés humaines, a dit avec raison M. Guizot après Royer- CoUard, naissent, vivent et meurent sur la terre ; là s'accomplissent leurs destinées ; mais elles ne contiennent pas l'homme tout entier. Après qu'il s'est engagé à la société, il lui reste la •plus noble partie de lui-même, les hautes facultés par lesquelles il s'élève à la vie future;... nous autres personnes individuelles, êtres doués d'immortalité, nous avons une autre destinée que les États ". Ainsi, même dans la société purement humaine, l'idée de la fin dernière est la source de l'idée du véritable bien social.

Je signale dès à présent ces vérités, parce qu'elles sont vraiment fondamentales, et que nous devrons souvent à l'avenir en faire l'application ; les rapports de l'Eglise et de l'État y sont tout entiers renfermés comme dans leur germe.

La société politique va faire l'objet de nos études. Nous n'avons pas à discuter ici toutes les questions qui se rapportent à son origine et aux formes diverses, simples ou mixtes, qu'elle peut revêtir. Le but que nous nous proposons demande seulement que nous présentions quelques considérations sur le pouvoir, sur son origine, ses facultés et ses devoirs par rapport à la religion. Le pouvoir est le principe par lequel la société subsiste et dans lequel elle se personnifie; c'est en lui qu'elle se résume, de mênie que la famille se résume dans l'autorité domestique, et l'Église dans l'autorité religieuse. C'est pourquoi, dans le cours de nos études, nous prendrons les termes sotiété et puissance comme synonymes.

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