CHAPITRE PREMIER
Origine et nature da pouvoir civil.
Le naturalisme, cette grande et si funeste erreur du temps présent, veut rendre le pouvoir civil indépendant de Dieu et de sa loi. Nous montrerons, au contraire, que le souverain temporel n'est et ne peut être que le ministre de Dieu pour le bien (i) ; que son autorité, aussi bien que celle des pasteurs de TÉglise, quoique par une voie diflférente, vient de lui comme de sa source et doit retourner à lui comme à sa fin dernière. Une fois cette vérité bien comprise, il deviendra évident aussi que chacune de deux puissances doit reconnaître et respecter les droits de l'autre, et que l'accord le plus parfait est la loi fondamentale de leurs relations.
Nous ferons voir, en outre, que loin d'étendre démesurément lés facultés du pouvoir civil, le droit divin les renferme dans les limites rigoureuses de la raison et de la justice, et donne ainsi la plus forte garantie possible à la liberté civile et politique des citoyens.
Quand on veut considérer le droit divin dans ses rapports avec l'origine et la constitution du pouvoir civil, il faut avoir grand soin de distinguer les deux aspects différents que présente la question : on doit se placer tour à tour dans l'ordre abstrait et dans l'ordre concret.
ARTICLE V
De V origine divine du pouvoir politique considéré en soi ou dans
r ordre abstrait,
Les erreurs.
Il serait trop long de rappeler toutes les erreurs qui se sont produites, aux différents ^époques, sur l'origine et la
(1) ÉpU. aux Romains, XIII, 4.