‹ L'Église et l'étatChapitre 38 sur 75 · TYPE DIVIN DES RAPPORTS DE L ÉGLISE ET DE L ÉTAT · texte numérisé non relu

TYPE DIVIN DES RAPPORTS DE L ÉGLISE ET DE L ÉTAT

respect, la femme son honneur, l'enfant sa protection ; — enfin pour la société : les lois y sont dictées par la vérité et la justice ; le pouvoir, divinisé en quelque sorte, est contenu dans les bornes de la justice et de la modération ; l'obéissance, sanctifiée, devient un titre d'honneur et rend impossible les désordres et les factions ; les citoyens peuvent fidèlement remplir tous leurs devoirs sans plus craindre d'être tiraillés en sens contraires par des prescriptions incompatibles.

Confirmant ensuite par l'histoire ces données de la raison chrétienne, le pape continue : <« Il fut un temps où la philo- » Sophie de l'Évangile présidait au gouvernement des Etats. n Tout alors était imprégné des divines influences de la sa- » gesse chrétienne, les lois, les institutions, les mœurs, » toutes les classes, toutes les relations sociales. Alors la y* religion fondée par Jésus-Christ occupait sans conteste le 9» rang élevé auquel elle a dioit; forte de la faveur des » princes et de la légitime protection des magistrats, elle » était partout florissante. Alors le sacerdoce et l'empire y» vivaient dans une heureuse concorde, entretenue par « l'échange amical de bons offices. Cette organisation de la » société produisit des fruits plus grands qu'on ne saurait » imaginer. Le souvenir en subsiste encore, consigné qu'il » est dans d'innombrables documents, qu'aucun effort ennemi » ne parviendra jamais à supprimer ou à faire oublier. Si 7» l'Europe chrétienne a subjugué les nations barbares, si » elle a adouci leurs mœurs sauvages, si elle les a fait passer n de la superstition à la vérité ; si elle a repoussé victo- 7» rieusement les invasions musulmanes ; si elle est restée à 7> la tête de la civilisation, si en tout ce qui fait honneur à » l'humanité elle a toujours tenu le premier rang et donné » l'exemple au reste du monde ; si elle a procuré aux peuples » le bienfait de la vraie liberté sous ses diverses formes ; si » elle s'est montrée si sage en fondant tant d'institutions y» pour le soulagement des misères humaines : il est incony* testable qu'elle en est grandement redevable à la religion ; 7» sous l'inspiration et avec l'aide de laquelle elle a entrepris » et accompli de si grandes choses. Ces biens subsisten raient encore sans aucun doute, si l'accord des deux puis- I» sances s'était maintenu ; on aurait même pu en attendre

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» de plus grands encore, si on s'était soumis avec plus de foi » et de constance à l'autorité, à la doctrine et à la direction » de rÉglise. Car c'est une loi qui s'applique à tous les » temps qu'exprimait Ives de Chartres en écrirant en ces » termes au pape Pascal II : « Quand t empire et le sacer- » doce vivent en bonne harmonie, le monde est bien gou- » verné, t Église est florissante et son action est féconde. » Mais lorsque la discorde se met entre eux, non seulement y» les petites choses cessent de prospérer, mais les grandes » dépérissent misérablement «.

II. En quoi Talliance des deux pouvoirs consiste. — L alliance des deux pouvoirs comprend un accord négatif et une coopération positive.

Accord négatif. — Il consiste en ce qu'aucune des deux puissances ne peut porter atteinte aux droits de l'autre, ni au légitime exercice de ces droits. Ainsi, l'Église doit éviter avec soin d'affaiblir le lien de la subordination des sujets à leur souverain, de jeter la perturbation dans la société, d'usurper les fonctions du pouvoir civil, de s'immiscer dans les affaires politiques. L'État, de s©û* côté, tioit s'abstenir de mettre jamais ses actes en opposition avec les lois de Dieu et de l'Église : il ne peut rien y avoir dans sa législation qui soit contraire aux droits de la société religieuse, de ses ministres, de ses membres ; rien qui soit de nature à détourner les citoyens de leur fin dernière. Il doit donc, avant tout, étudier les lois de l'ordre spirituel, s'en inspirer, et mettre les lois civiles en parfaite harmonie avec elles.

Coopération positive. — Mais cet accord purement négatif ne suffit pas. Pour que l'alliance des deux pouvoirs soit sérieuse et efficace, il faut que, au besoin, ils se prêtent nautuellement une coopération positive.

P L'Église doit à l'État :

a) Le secours de ses prières, par lesquelles elle appelle sur lui les bénédictions du ciel, afin que sa puissance s'affermisse dans l'amour de ses sujets et dans la paix avec les autres peuples. Les saints Livres inculquent souvent l'obligation où sont les fidèles de prier pour les puissances établies ;

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