‹ L'Église et l'étatChapitre 41 sur 75 · MATIÈRES ECCLÉSIASTIQUES. CIVILES ET MIXTES · texte numérisé non relu

MATIÈRES ECCLÉSIASTIQUES. CIVILES ET MIXTES

Nécessité d'nne délimitation précise. — La difficulté, je dirai presque Timpossibilité, de préciser avec certitude les objets qui forment le domaine propre de chacun des deux pouvoirs» est une preuve nouvelle de la nécessité de leur alliance. Tant que régnent entre eux le bon accord et la confiance mutuelle, une délimitation rigoureuse n est point indispensable. Établis pour gouverner le monde de concert, ils ne doivent point être entourés, vis-à-vis l'un de l'autre, de barrières si infranchissables ; sur les points extrêmes et litigieux ils peuvent se faire de réciproques concessions, qui écartent l'occasion des dissentiments et des conflits. Que si une difficulté se manifeste, le principe même sur lequel repose leur union y met promptement fin : l'Eglise apparaissant à la puissance séculière comme la gardienne et l'organe de la loi divine, l'on convient sans peine que les lois et les prescriptions ecclésiastiques doivent naturellement l'emporter sur les lois et les prescriptions humaines.

Malheureusement, il n'en va pas toujours ainsi. Il arrive souvent que les deux puissances travaillent isolées et séparées à remplir leur tâche particulière, et qu'ainsi, comme entre les membres d'une même famille, un partage de droits et d'attributions devienne nécessaire à la paix. Dès lors une délimitation sévèrement tracée est indispensable pour prévenir le danger des empiétements, ou pour rétablir, lorsqu'il a été troublé, le juste équilibre des rapports entre l'Église et l'État. Nous allons donc, dans ce troisième livre, essayer de tracer, au moins en termes généraux, les limites des deux pouvoirs. Pour cela, nous commencerons par poser les principes qui doivent servir de base à cette délimitation; ensuite nous ferons le recensement des objets qui sont de la compétence propre de l'Église.

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