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les bieos, et que les laïques seronl réduits à la coadition de serfs de TÉglise. » Déjà I Ë;;lise avait un reveuu de onsse millions de ducats ^ Que répond le cardinal Bellarmin à ces faits accablants? Sa réponse est délicieuse: « Il a fallu douze cents ans au clergé pour acquérir le quart du sol, il lui faudrait encore douze cents ans pour acquérir un autre quart; mais d'ici là le monde n'existera plus; car, comme le disent les apôtres, nous approchons Je la consommation flnale. Elle est donc bien vaine la crainte de ceux qui disent que les laïques seront dépouillés de tous leurs biens, si Ton ne met des bornes aux possessions de TÉglise '. » Le cardinal jésuite se oioque-t-il de la fin du monde ou des Vénitiens?
Le pape avait encore un autre grief contre Venise, mais tellement déraisonnable et si contraire à l'usage général de la chrétienté, qu'on a de la peine à comprendre tant d'outrecuidance. Une loi de la république défendait de bâtir des églises et de construire de nouveaux monas« tères sans autorisation. Paul V cria à la violation de la liberté ecclésiastique. Écoutons la réponse calme des Vénitiens : « Nous n'empêchons pas de construire des églises; ce qui le prouve, c'est que le nombre en est plus grand dans notre Éiat que dans nul autre de la chrétienté, jtf ais il advient bien souvent que sous couleur de religion se glissent es villes et plaoes fortes des
1 FraPaolo, Gonsiderazioni sopra le censure (Op., t. I,pag. 195). ^Ranke, Furslen und \6\keT von Sûd-Europa, t. III, pag. 326.
> Bellarmini Responsio conlra Paulum Servitam (Opéra, t. VU, Dag.U30).
ttO l'ÉGUSB BT L'frTÂT.
troupesde gens étrangers qui bAtîssent maisons, chapelles, églises, en lieui préjtidiciablies à la sûreté desdites \iiles et forteresses. De plus, l'inlroduction de coutumes différentes et contraires au bien public peut produire de mauvais effets. Enfin les couvents se multipliant en trop grand nombre, les aumônes accoutumées ne suffisent plus à Tentretien des ordres établis de toute ancienneté sur le territoire de la république ^ » Fra Paolo ajoute que TÉtat avait grand intérêt à examiner les règles des ordres qui voulaient s'établir à Vemse, pour voir si elles étaient compatibles avec ses lois : < Le sénat, dit-il, ne permet pas à des laïques de se former en associations secrètes ; à plus forte raison, ne doit*oo pas le permettre à des moines qui disposent de Tinfluence dangereuse de la confession '. » Il n'y avait rieo à répondre à ces raisons, et de fait Bellarmin et Barontti5, les champions du saint siège, ne répondirent rien, sinon que l'État n*a pas le droit de porter des lois concernant l'Église.
Telles étaient les hautaines prétentions du pape et de ses défenseurs, les cardinaux. Croirait-on que, tout en soutenant que le prince n'a aucun droit sur les personnes et les biens des clercs, qu'il ne peut pas réprimer les crimes des élus de Dieu, qu'il ne peut pas
Pièces dujyrocès, pag. 19.
* Fra PaolOy Gonsiderazioni sopra le censure (0p„ 1. 1, pag. 190).