ARE MERE
Les chaussures sont parfois l'objet de critiques de la part des moralistes. Déjà Clément d'Alexandrie (9) écrivait : « Beaucoup de femmes font graver sur leurs souliers des figures déshonnêtes, de sorte qu’en frappant la terre en cadence, elles y impriment, lorsquelles marchent, l’impureté de leurs pensées (p. 154). II faut donc renoncer à la vanité des souliers ornés d’or et de pierreries, aux bottines attiques, aux cothurnes, etc. Il faut choisir des chaussures conformes à la nature et susceptibles de réaliser leur fin > (p. 154). Et pendant que l’on assouplit le corps par des exercices physiques: « C’est un très bon exercice de garder les pieds nus. La santé et l’agilité y trouvent également avantage ».
Quant aux souliers à la poulaine, qui serrent le pied dans un étau, ils sont proscriits pour lindécence qu’ils accompagnent. Le prélat, Jacques de Vitry, fulmine contre celles qui les portent et ceux qui les fabriquent: «contra illos qui portant sotulares à la poloingne » (ms. lat. 17.509, fe 128 — Bibl. nat. — cité par (2).
Les fards ne trouvent pas grâce devant les yeux de ces censeurs : «Certaines femmes se trouvant trop noires, demandent aux médecins des drogues pour se blanchir : mais elles sont bien punies, car la teinture qu'on leur donne enlève la peau avec la noirceur, et si elles portent plainte; pour comble d’infortune, ce sont elles-mêmes qui se voient condamner par le juge » (ms. lat. 17.509, f° 132 — Bibl. nat. (2). Ce n’est pas d’aujourd'hui que les malades poursuivent en justice leurs médecins, mais les arrêts de la Cour diffèrent sensiblement !
Ainsi, dans les anathèmes lancés contre la mode, l'Eglise ne combat donc pas seulement l’indécence. Elle
DOPAGE
signale le danger pour la santé et même pour la beauté du corps. |
Hygiène et religion sont encore en plein accord, et Saint-Clément d'Alexandrie (9) écrivait déjà, il y a très longtemps (*) :
« Que dire de ces femmes qui se couvrent d’or, oignent leurs joues, peignent leurs yeux et teignent leurs cheveux ?.… Ces malheureuses ne voient donc pas que l’artificiel tue la beauté naturelle. En se peignant chaque jour, en étirant leur épiderme, en l’enduisant de divers mélanges, elles dessèchent leur corps en consument leur chair. C’est ainsi qu’elles deviennent jaunes et sujettes à la maladie ».