‹ L'Église et l'Hygiène au Moyen-ÂgeChapitre 16 sur 77 · APRES · texte numérisé non relu

APRES

Corner l’eau est un signal indiquant que les valets sont prêts à se laver avant de se mettre à table. Plus tard, on remplaça les trompes par une cloche. On corne l’eau sous Charles V. Au XV* siècle, cette coutume n’a pas encore complètement disparu.

Le voyageur, qui ne trouve pas d’hôtellerie, frappe à l’huis d’un foyer domestique, il y est toujours chaleureusement accueilli. La première chose que fait l’hôtesse est de le couvrir d’un manteau, puis elle lui

donne de quoi se laver avant le’ repas :

Quant èle li ot au col mis

Le mantel, si li dit : —— amis Véez-ci l’eaux et la touaille, Lavez vos mains, si vous séez.

(Roman de la Charrette. Cité par Cabanès (1), p. 222).

A l’époque féodale, quand « Peau est cornée », nobles et bourgeois, jeunes et vieux, tous accourent, demandent l’eve ou l’aive. Les serviteurs, suivant la condition des convives, leur versent tour à tour de l’eau sur les mains, puis leur présentent des touailles ou serviettes.

Les lavabos collectifs ou lavatoria se trouvent surtout dans les couvents et établissements religieux.

La plupart des établissements hospitaliers et monastiques de lItalie, la Sicile, l'Espagne, l’Allemagne en ont. En France, ils sont moins nombreux. A l’origine, non loin du puits, se trouve une cuve ou une auge en pierre, en marbre, en bronze, établie dans le préau du cloître, et qui sert aux ablutions recommandées aux moines et aux malades ; mais, au XII° siècle, on les remplace par des fontaines jaillissantes, destinées à entretenir la fraîcheur dans ces lieux de retraite et à

ARAGE El

servir aux ablutions avant et après les repas. C’est à la fontaine du cloître que les moines se lavent les pieds à l’époque de certaines cérémonies (Cf. notice sur la découverte du lavatorium de l’ancien hépital Saint-Jean d'Angers — Armand Parrot — in : Revue des Sociétés Savantes, 6° série — t. IV, 1876 ; Paris — imprimerie nationale, 1877 — cité par Cabanès (1) (p. 222).

Le lavatorium est une grande vasque circulaire, percée d’un certain nombre de trous, par lesquels s'échappe l’eau en minces filets ; ou encore un réservoir carré, percé de petites gargouilles, permettant à plusieurs personnes de se laver en même temps. Dans une des cours de l'Ecole des Beaux-Arts, on peut voir le lave-mains qui servit longtemps aux moines de l’abbaye de Saint-Denis (1) (p. 224). On en a retrouvé d’analogues dans les abbayes de Pontivy, de Fontenay, près Montbard.. (Havard, dict. de l’ameublement, art. Lavabo).

LA NOURRITURE. — Les aliments sont longuement étudiés dans les manuels d’hygiène que nous avons cités.

Le bon pain est bien décrit par Arnaud de Villeneuve, qui le veut bien cuit, suffisamment fermenté, peu salé et légèrement rassis par un délai de 24 heures:

« Hujusmodi est panis de tritico montano cum aqua dulcis fontis confectus, bene coctus, perfecte fermentatus, mediocriter salitus, cujus usus secunda die perfectionis incipere debet

et in quarto terminari: qui non sit bordus mollificandus ». (De cibis et potu — IV}.

Aldebrandin de Sienne (3) exige les mêmes qualités :

€ Pain ki est bien cuis et bien levés et fait d’un jor, et fait de boin froment pur et net» (p. 13).

Page 1