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Il étudie ensuite les fruits frais et les recommande non pas pour leur pouvoir nutritif «leur boin nourissement qu’ils doignent », mais pour leurs vertus stimulantes «por les maladies remouvoir ».
La viande est longtemps passée en revue par ces deux auteurs. Arnaud de Villeneuve donne ses préférences aux volailles, coq et chapon. Son enthousiasme est médiocre pour un oiseau dont la chair était si recherchée des romains, le paon :
« Carnes vero sunt laudabiliores volatilium, scilicet Gallinarum el caporum juvenium.….
« Carnes vero pavonis et grivis plus nocent quia dure digestionis sunt> (De cibis et potu - IV).
On ne peut qu’admirer sans réserve les règles posées sur la nourriture par Saint-Clément d'Alexandrie (7):
La nourriture doit être simple et sans recherche, proportionnée à son véritable but, appropriée aux besoins de la vie, non à ceux de la jouissance.
La vie comporte, en effet, deux exigences, la santé et la force, auxquelles s'adapte parfaitement la simplicité de la nourriture : celle-ci favorise la digestion et la liberté du corps ; et c’est de là que proviennent la croissance, la santé et ia force.
Il faut donc rejeter ces aliments compliqués, qui comportent des inconvénients multiples, la faiblesse du corps, le délabrement de l'estomac. Ces gourmets Ôtent sa force à l’aliment par excellence, au pain, sous prétexte que ce qui est utile à la nourriture devient une gêne pour le plaisir.
Il faut se garder des aliments qui provoquent à manger, lorsqu'on n’a plus faim, en charmant l’appétit d’une manière artificielle (7) p. 169 à 171).
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Très justement, Arnaud de Villeneuve reconnaît au vin, pris au cours des repas, de précieux stimulants :
« Cum natura nostri corporis inclinationem singularem ad vinum habeat… digestioni autem auxilium prestat, cibum per corpus penetrare facit, cor et omnia membra confortat ».
Par contre, il ne le recommande pas à jeûn « …jejuno stomacco, vehementer detestatur, tremorem eorum generat ».
Il termine par les dangers de son abus : «ad egritudines caducas disponit ».
La boisson naturelle, simple, indispensable aux personnes altérées est l’eau, nous dit Clément d’Alexandrie (7) (p. 174).
< Prends un peu de vin à cause de ton estomac» (I Tim. V, 25) écrit l’Apôtre à Timothée, qui ne buvait que de l’eau; mais il ajoute qu’il suffit de peu de vin.
« Il convient que les jeunes gens et jeunes filles s’abstiennent le plus possible de cette boisson. Il ne faut pas donner à leur âge bouillonnant le plus chaud de tous les liquides, le vin > (p. 176).
En sage moraliste, il veille avec soin sur la jeunesse; il redoute le premier éveil des passions qu’il décrit en termes vigoureux. Il sait toutefois que le vin peut être utile, le soir, lorsqu'on est fatigué par le travail du jour, quand l'air est plus froid :
« Vers le soir, à l’heure du dîner, on doit user de vin, puisqu’alors nous n’avons plus à nous livrer à des occupations trop applicantes. Alors aussi l'air est plus froid, et il faut réchauffer par une chaleur étrangère la chaleur naturelle qui devient plus languissante : un peu de vin sert à cet usage. Mais, même alors, il faut éviter d’aller aux excès ».
Les vieillards surtout ont besoin de vin, et Clément leur recommande d’en user, mais qu’eux aussi prennent garde : il est si facile d’excéder la mesure.