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Le pain blanc n’est pas rare, puisque les membres d’une confrérie établie à Châlons, au commencement du XIV: siècle, en font des distributions à chaque tribu de mendiants de leur ville :
« Chascune religion des mendiens aura chascun dymenche dix pains blans » (Luce, p. 62).
Jean de Châteauvillain, évêque de Châlons-sur- Marne, de 1284 à 1313, fonde une confrérie de charité, dont voici un des statuts :
« Elle devra assurer aux poyvres malades des hospitaulz et aux povres prisonniers du pain blanc > (Arch. nat. sect. hist. J. J. 114, N° 251, f°° 129 V° et 130. Cité par Luce, p. 82).
Si la viande habituelle est le porc, il n’est guère de chaumière qui ne soit aussi pourvue d’une broche en bois, pour rôtir les volailles que l’on a l’habitude de larder afin d’en rendre la chair plus savoureuse.
Dans d’humbles ménages, on met la nappe sur la table quand on donne à dîner à des parents ou à des amis (Luce, p. 63). La femme d’un valet charretier, ayant à traiter des compagnons « mist la nappe, du pain et noys pour mengier et baïilla deux pos pour aler quérir du vin en la ville» (Arch. nat. JJ. 121, N° 199).
L'Eglise, qui réprouve le mensonge et le vol, fait entendre que, pour ces deux motifs, outre le détriment qu’en doit subir la santé du prochain, la vente d’aliments dénaturés ou altérés est une faute grave. Par la voix de ses prédicateurs, elle fait une guerre continuelle aux marchands malhonnêtes. Contre les fraudes alimentaires, la chaire, alors écoutée et puissante, se dresse sans pitié. Elle flétrit les aubergistes qui mêlent du mauvais vin à du bon ; un austère prédicateur stigma-
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tise de maudites vieilles qui frelatent abominablement le lait (ms. lat. 17.509 — Bibl. nat, cité par Lecoy de la Marche (5), p. 407).
L’évêque Jacques de Vitry condamne également un empoisonneur de même espèce qui, à Acre, en Palestine, vendait aux pèlerins des mets corrompus (ms. lat. 175097 1dem):
HYGIÈNE ET ASCESE. — L’habitude de se priver, de se contenir, en un mot la pénitence chrétienne, peut-elle diminuer l’individu ?
La réponse est simple : on pourrait ne citer qu’un des dangers de lintempérance : l’alcoolisme.
Faire constater aux intempérants les conséquences désastreuses de ce vice, et miroiter à leurs yeux les dangers de ce fléau, est déjà un remède. Mais ces avertissements, on ne le sait que trop, n’auront jamais qu’une influence très limitée ; ce qu’il faut, c’est inculquer à l’homme, et dès son jeune âge, de saines habitudes. Mais qui donc, au nom de quelle morale, peut imposer à l’homme l’habitude du sacrifice et des privations nécessaires, sinon la religion avec précisément la pénitence chrétienne ?
Mais, laissons de côté ces excès lamentables, qui ne sont, après tout, que le fait d’un certain nombre et non de tous. Pour les gens raisonnables, en dehors de toute considération spirituelle et d’éducation du caractère, y avait-il vraiment un intérêt quelconque, pour leur santé physique, à leur prêcher la pénitence ?
Tout d’abord, une distinction est à faire : une alimentation insuffisante n’a jamais été demandée par l'Eglise ; ses dispenses faciles de Carême en font foi,
aussi bien que les règles monastiques, là où la rigueur est pourtant la plus forte. Nous en reparlerons avec Phygiène au couvent. Qu'il nous suffise de citer ici un avertissement de Saint-Bernard, à ses moines : « Beaucoup, parmi vous, sont faibles et délicats, beaucoup ont besoin, à cause de leur âge ou de leurs infirmités, de quelques adoucissements à la règle commune» (Saint- Bernard — sermon 37 — De diversis — cité par Bourgain (6), p. 335).
Pour répondre à la question qui nous occupe, il nous suffira d’examiner rapidement les différentes exigences de la santé, et nous verrons que chacune de ces exigences concorde avec celles de la pénitence chrétienne.
On connaît bien les dangers d’une alimentation pléthorique. On constate dans bien des manuels de médecine que, généralement nous mangeons trop, trop comme quantité et trop soigné comme qualité. De la sorte, nous surchargeons notre organisme de déchets qu'il se fatigue à éliminer, puis finit par conserver. Il est superflu ici d’entrer dans le domaine des maladies diathésiques.
Pour éviter ces accidents, les disciples d'Hippocrate ont créé, comme l'Eglise, des jours de jeûne : Le jeûne de Guelpa, par exemple, autrement rigoureux et revenant plus fréquemment que celui de l'Eglise, et qui consiste à ne boire ce jour-là que des bouillons de légumes et des tisanes, sans parler du purgatif matutinal. De même leurs recommandations de ne faire en mangeant qu’un usage modéré des boissons, de sortir de table avec un reste d’appétit, coïncident avec la pratique conseillée par la pénitence chrétienne, de ne