HYGIENE DE LA GROSSESSE
La femme enceinte est l’objet de soins attentifs au Moyen-Age, et les règles d'hygiène qui lui sont prescrites diffèrent bien peu de celles que l’on applique actuellement.
Tout d’abord, on veille à ménager ses forces, et, en 1259, Saint-Louis ordonne à certaines coopératives de traiter, lors de leur grossesse, les femmes qu’elles emploient «en très grande douceur et repos > (4).
L'usage des bains, des rapports sexuels pendant la gestation, est soumis à des règles très sages. L’hospitalisation de la parturiente, dans des maternités spécialement aménagées à cet effet et isolées du reste de l'hôpital, se fait dès le XIII siècle, et le temps que l’on accorde à l’accouchée pour ses relevailles dépasse souvent celui que permet l’encombrement de nos hôpitaux modernes.
L’archiâtre de Saint-Louis, Maître Aldebrandin de Sienne, nous indique brièvement mais clairement, dans un de ses ouvrages, les règles d'hygiène que la femme enceinte a à observer (1). Dans son chapitre intitulé : « Comment la femme doit se garder quand elle est enceinte > (p. 71), il recommande aux époux d’être sages dans les premiers et derniers mois de la grossesse, temps où les accidents sont les plus fréquents :
NUL: GeMRe
« Tout aussi devés entendre de femmes, ke au premier mois, et au second et au tierce, puet on aneantir se grosse, s’ele ne se set garder.
« Au quart, ni au cinqueme, n’i a mie si grant peril, et se puet on sainnier et purgier en c etans et oouvrer en li, se mestier est, si com dit Ypocras, por ce ke li enfes se tient fort. Mais el tans, k’elle est priès de delivrer, si a peril com devant ».
Parlant ensuite des bains, il conseille de n’en user qu’autant qu’ils sont indispensables, sauf quinze jours ou trois semaines avant le moment présumé de l’accouchement, temps où ils doivent être quotidiens :
< Et ne les convient mie trop baigner ».
« Et quant li tans vient de délivrer, XV jours ou iij semaines devant, si se doit baignier, cas-cun jour, en ewe où soient cuites mauves, violettes, semence de lin, orge, camomille ».
Dans les hôpitaux, on veille également à la propreté corporelle de la future mère et les règlements prévoient pour elle trois bains par semaine. L’Hôtel-Dieu-le- Comte, à Troyes, par exemple, qui date de 1263, formule ainsi son statut 86 :
« Pauperes mulieres partu jacentes in Domo Dei recipientur et eis necessaria secundum posse domus tribuantur. Pro eis balnea ter in ebdomada preparentur, et secundum statuta canonum et ecclesie in domo morentur » (2) (Le Grand, p.115).
Le Cartulaire de l'hôpital Saint-Jean d’Arras prescrit ce même usage, et demande que des chaudrons soient réservés aux bains des petits enfants (3).
Dans les établissements d'importance réduite, l’isolement des parturientes ne peut pas toujours se faire, et il s'y produit des accidents déplorables.
D’Arbois de Julleville cite dans son « Voyage archéologique» (N° III, p. 293) un fait regrettable qui se