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I. — LES ORDRES DE CHEVALERIE

1. — Les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. — Les frères hospitaliers de Jérusalem desservaient l'hôpital d’Amalfi, fondé en 1048 par des marchands, pour soigner les pèlerins pauvres.

Godefroy de Bouillon, puis Baudouin, son frère, leur octroyèrent de nombreuses donations.

L’inspecteur des hôpitaux Gerhardt transforme, sous Godefroy de Bouillon, la société encore sans règle en un ordre régulier portant l’habit des Bénédictins, et de cet ordre sort bientôt, au XII: siècle, celui de Saint- Jean. Ceux-ci à la fois soignent les malades et combattent les infidèles. Sur les chemins conduisant à Jérusalem, ils fondent des asiles, à Saint-Gilles de Provence, à Pise, Bari, Otrante, Tarente et Messine. Les premières xénodochies chrétiennes, érigées en Syrie, servent de modèles à ces refuges. Jean de Vizburg, qui prend part à la seconde croisade (1147-1149), nous décrit l’hôpital des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Un grand nombre de malades des deux sexes trouvent un asile et des soins dans les divers grands bâtiments de cet établissement.

Les plus anciens statuts de l’ordre de Raymond de Puy, datés de 1135, déclarent que dans l’hôpital de Jérusalem cinq médecins et trois chirurgiens doivent se tenir en permanence.

D’après les statuts dictés par le huitième maître de l'Ordre, Roger de Moulins, l'hôpital doit être pourvu

en RTS, ——

de quatre médecins actifs et expérimentés. Le pape, Lucien III, approuve cette institution et y fait ajouter quatre chirurgiens (1181-1185).

Les ordonnances de Roger de Moulins s'occupent ensuite de l'établissement des lits de malades (se reporter au chapitre : les hôpitaux). Pour se rendre aux cabinets d’aisance, tout malade sera revêtu d’une peau de mouton, de ses souliers et d’un capuce de laine. Ce sont les frères qui sont chargés du soin des malades, des serviteurs assurant le service. L’hôpital reçoit, en outre, des orphelins.

Après leur expulsion de Jérusalem, les Chevaliers se retrouvent à Rhodes et à Chypre, où ils reprennent leurs occupations traditionnelles, et il en naît, au XV: siècle, les Chevaliers de Rhodes.

Après le transfert du siège principal de l’Ordre à Malte, où ils fondent un hôpital, l’Ospedale Grande, les hospitaliers prennent le nom de Chevaliers de Malte.

Dans tous les pays où l’Ordre s’introduit, les chevaliers de Saint-Jean bâtissent des hôpitaux, dans le Brabant, en Angleterre, en Hongrie, en Espagne, en Allemagne, en Prusse, en Italie, etc.

Le chef suprême de tous les hôpitaux de l’Ordre est le Grand Hospitalier de France. Il est assisté d’un conseil de 5 médecins et de 3 apothicaires (Weyl (D, p. 341 et suivantes).

2. — Les Templiers. — Le chevalier de Saint-Jean et le Templier tiennent à la fois du moine et du soldat. Leur costume trahit ce double caractère. Ils portent l’un et l’autre l’armure du soldat, sur laquelle l’Hospitalier jette son manteau noir avec croix blanche, et le Templier son manteau blanc avec croix rouge.

L'Ordre du Temple nous intéresse peu, car il constitue surtout un ordre combattant pour la protection des voyageurs sans cesse assaillis en Palestine par des bandes de brigands. Les hôpitaux qu’il possède, aussi bien en Orient qu’en Occident, ne sont destinés qu’aux frères et aux serviteurs de l'Ordre. Le soin des frères malades, par contre, incombe au frère infirmier, qui est toujours un chevalier de l'Ordre.

Chaque Templier doit subvenir à 40 jours de nourriture pour un pauvre (Weyl (1) — Hurter (3), p. 122).

3. — Les Chevaliers teutoniques. — Ordre religieux et militaire, fondé en 1128, à Jérusalem, par les Allemands. Les premiers membres portent le nom de Frères de Sainte-Marie et ne s’occupent que du service d’un hôpital organisé à Jérusalem par un Allemand pour secourir ses compatriotes. Quand, parmi les frères de cet hôpital, les Chevaliers sont aussi reçus, ils élargissent le champ de leur activité, et entreprennent aussi de combattre les infidèles.

Après la chute de Jérusalem, en 1187, la clémence de Saladin permet aux membres de l’Ordre teutonique, comme aux Chevaliers de Saint-Jean, de rester dans la ville pour soigner les malades. L'hôpital survit donc à Jérusalem jusqu’à la nouvelle destruction de la ville, en 1219, où il périt de même que tous les autres.

La plus grande partie des frères de l'Ordre s’est cependant réfugiée à Saint-Jean d’Acre. En 1190, au siège de cette ville, ils se font remarquer par le duc Frédéric de Souabe qui, de leur société, forme l’Ordre des Chevaliers teutoniques. Les nouveaux chevaliers sont soumis, pour la pratique des devoirs de la charité,

à la règle des Hospitaliers et, pour la discipline militaire, à celle des Templiers. L'ordre se divise en 3 classes : les chevaliers, les prêtres et les frères servants. La première n’est accessible qu'aux nobles. Leur costume est un manteau blanc avec une croix noire.

En 1191, l'Ordre fonde un hôpital à Saint-Jean d’Acre. Dans la suite, de nombreux hôpitaux se créent en Sicile, puis en Allemagne.

Toutes les maisons, tous les couvents de ces chevaliers possèdent un hôpital. Les soins médicaux sont donnés par l’hospitalier qui, dans les grands établissements, est secondé par des médecins.

L’hospitalisation des lépreux est aussi l’objet de soins particuliers, exprimés de même dans les statuts. Les malades ne doivent pas rester sans lumière la nuit. La table des infirmes est mieux servie que celle des sujets bien portants. Les négligences dans le service ou les soins apportés aux malades sont dénoncées au maître.

Cet ordre disparaît au XVI: siècle (Weyl (1), p. 346 ; Hurter (3), p. 162 à 180).

4, — Les Chevaliers de Saint-Lazare. — Cet ordre a également pour but le soin des malades et la lutte contre les infidèles. Il s'établit à Jérusalem, en 1119, pour soigner les lépreux. Leur insigne, une croix à huit pointes, porte au centre, d’un côté l’image de la Vierge, et de l’autre celle de Saint-Lazare.

Suivant la tradition, le grand Maître de l'Ordre ne peut être qu’un chevalier lépreux (?) de l'hôpital de Jérusalem, bien qu’un tel malade soit à peine capable de remplir une telle charge. Dès 1154, l'Ordre est pro-

priétaire, en France, de la terre de Boigny, près d'Orléans, qui devient plus tard son siège principal. Louis VIII les avait appelés en France, afin de combattre une épidémie tenace. Une vicairie générale se trouve en Hongrie. Les Lazaristes trouvent aussi, dans les autres pays d'Europe, un chaleureux accueil, quand, après la perte de la Terre Sainte, ils désirent s’y établir. La lèpre, fort répandue à cette du rend leur activité des plus importantes.

Le pape Clément IV (1265-68) ordonne à tous les prélats de forcer les lépreux à entrer dans les hôpitaux des Lazaristes. De même, les Maîtres Templiers invitent les frères de leur ordre, atteints de lèpre, à quitter la communauté pour entrer dans celle des Lazaristes.

On n’exerce cependant jamais de contrainte ; si le malade refuse, on le met hors de la communauté pour le soigner.

En 1490, cet ordre est dissous (Weyl (1), p. 348).

Paragraphe 2

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