I. —— LES ORDRES DE BOURGEOISIE
La bourgeoisie ne reste pas en retard sur la noblesse et fonde des œuvres florissantes de charité et de bienfaisance. Certaines de ses communautés hospitalières n’ont qu’un caractère purement local et ne s’occupent que des malades de leur ville : telles les Confréries. D’autres, au contraire, s’étendent à tout un pays et même à toute la chrétienté.
À côté des corporations, et toujours distinctes d’elles, on voit se former les confréries, dont les membres administrateurs sont souvent les mêmes que ceux des corporations. Là, maître, valets et apprentis se confondent dans une touchante égalité. La confrérie est la forme religieuse et secourable du corps de métier. Elle a deux buts : entretenir en ses membres la pratique des devoirs religieux et leur procurer assistance dans leurs besoins. Chaque confrérie est placée sous le patronage du saint de la corporation. C’est une société de secours mutuels; la caisse est alimentée par les cotisations régulières de ses membres et parfois par les revenus d’immeubles possédés par la confrérie. Les fonds sont employés, avañt tout, à secourir les ouvriers malades, infirmes, âgés.
A Paris, la confrérie des orfèvres possède un hospice pour les vieillards et les membres devenus incapables de travailler.
De Saint Louis à Louis XVI les confréries vivent fièrement, sans rien emprunter à personne (La chrétienté — F, Mourret).
1. — Les porteurs de croix ou «Porte-Croix », ou « Cruciferi », qui doivent ce nom à leur signe distinctif, une croix de fer, se répandent, dès le XII: siècle, surtout en Jtalie. Leur maison-mère est à Bologne. Il n’est pas prouvé que les Porte-Croix à étoile rouge (stelliferi), qui exercent en Silésie et en Bohême, soient en corrélation avec eux.
Les Porte-Croix s'engagent non seulement à soigner les malades, mais encore à parcourir les routes, par mauvais temps, pour secourir les voyageurs malades, égarés ou surpris par la tempête (Hurter (3), p. 267).
2. — L'Ordre de Saint-Antoine. — Se reporter au chapitre : le Mal des Ardents.
3. — L'Ordre du Saint-Esprit a pour fondateur Guy de Montpellier, appelé à Rome en 1198 par Innocent IT, et mis à la tête d’une organisation hospitalière par ce pape, désireux de la propager par toute la chrétienté.
Le but de cette milice hospitalière est le soulagement des pauvres, et l’assistance des enfants délaissés. Cet ordre s’étend rapidement à plusieurs pays. Une bulle du pape Grégoire XI (12 août 1372), énumère plus de 100 maisons situées en France et qui élèvent les enfants trouvés. Guy de Montpellier est un précurseur du Grand - Vincent de Paul et, dès le XII° siècle, grâce à son ordre religieux, dans diverses provinces de France et de l'étranger, l’enfance abandonnée est recueillie, élevée et instruite (Lallemand (6), p. 124). Se reporter également au chapitre : Hygiène du nourrisson.
4 — Les Frères Pontifes, appelés encore « pontifices > ou « faiseurs de ponts », ne forment pas un ordre religieux proprement dit. C’est une corporation d’hommes charitables, desservant les ponts et leurs hospices. C’est en Toscane, au XII° siècle, sur les rives de l’Arno, qu’on trouve la première origine de cette institution, dont les services ne sont pas négligeables à une époque où les communications sont si difficiles. Bientôt, l’ordre construit partout des ponts, avec, en général, un hospice au voisinage du pont. En France, il s’illustre surtout par deux manuments admirables, qui rendent célèbre la communauté des frères pontifes d’Avignon : le premier, le pont d'Avignon de 18 arches, bâti en 1177, par Saint Bénézet, a une longuer de 447 mètres,
et le second, celui de Pont-Saint-Esprit, construit aussi sur le Rhône, de 1265 à 1309, soutenu par 22 arches, a 400 mètres de long.
5. — Les Hospitaliers de Saint-Jacques du Haut- Pas, ordre également institué en Italie, vers 1260, pour faciliter le passage des cours d’eau par bacs ou par ponts, se distinguent des précédents par un marteau de maçon, qu’ils portent sur leurs manteaux. Leur cheflieu est lhôpital de Saint-Jacques du Haut-Pas, sur l'Arno. Le commandeur général de l’ordre réside à Paris, à l’hôpital Sant-Jacques du Haut-Pas.
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