‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 100 sur 268 · Gl'ill. de Tyr, xxn · texte numérisé non relu

Gl'ill. de Tyr, xxn

poisonné et le parti favorable à Guy de Lusignan reprit le dessus. Renaud de Châtillon, le grand maître du Temple, et les évêques firent fermer les portes de Jérusalem, afin d'assurer son élection à la royauté et, le 20 juillet 1186, Guy et Sibylle furent couronnés roi et reine de Jérusalem *.

Mais déjà les progrès de Saladin mettaient en question l'existence même du royaume. Dès 1179 il avait envahi le territoire chrétien et remporté une victoire sur les bords du Jourdain, puis désireux de continuer ses conquêtes en territoire musulman, il avait signé une trêve en 1180. Malgré ce traité, Renaud de Châtillon qui, après avoir dû abandonner la principauté d'Antioche, s'était retiré dans son fief de Montréal, continua la guerre contre les musulmans et prépara l'entreprise la plus hardie qui eût encore été tentée par les chrétiens. En 1182, il réussit à occuper de nouveau le port d'Aïla sur la mer Rouge, et il y fit transporter à dos de cha meaux cinq galères démontées et un grand nombre de bâtiments légers. Cette flotte tint la mer Rouge pendant un an, s'avança jusqu'à Aden, captura des navires chargés de pèlerins de la Mecque et ravagea les côtes du Hedjaz et du Yémen : les villes saintes ellesmêmes furent menacées ; les chevaliers tentèrent un débarquement et s'avancèrent jusqu'à une journée de marche de Médine. Mais la flotte chrétienne avait été détruite par celle de Saladin ; les chevaliers durent revenir à Alla par terre : cette romanesque expédition n'arrivait pas à son heure et ne servit qu'à rendre impossibles les rapports diplomatiques entre Saladin et le royaume de Jérusalem 2.

La prise d'Alep par Saladin avait complété le cercle

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