‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 108 sur 268 · CoNTiN. Glill. de Tyr, XXIV · texte numérisé non relu

CoNTiN. Glill. de Tyr, XXIV

2. CoNTiN. Gl'ill. de Tvn, XXIV, 17. Voj. Riant, Expédit. pèlerin, des Scandinaves, p. 280-282.

le 4 juillet 1190, ils étaient allés s'embarquer, Philippe à Gênes, Richard à Marseille pour se joindre de nouveau à Messine. Pendant six mois ils restèrent en Sicile dans une étrange inaction qui devait être fatale à la discipline de leurs armées et à la cordialité de leurs rapports. Richard cherchait querelle à son hôte le roi Tancrède de Lecce, à qui il réclamait le douaire de sa sœur, veuve de Guillaume le Bon ; ses matelots s'étant pris de querelle avec les habitants de Messine, n'avait- il pas donné Tordre de prendre la ville d'assaut et d'y planter sa bannière! Il fallut pour l'en empêcher l'intervention de Philippe-Auguste. Après des démêlés assez aigres qui se terminèrent par un traité de réconciliation \ les deux rois quittèrent Messine au mois de mars 1191, mais tandis que Philippe faisait voile directement pour Saint-Jean d'Acre, Richard retardait son arrivée de deux mois pour conquérir l'île de Chypre. Guidé par son humeur aventureuse et son avidité, il acceptait la magnifique proie que les circonstances lui offraient.

La flotte anglaise venait d'être dispersée par la tempête devant l'île de Rhodes; trois navires, sur lesquels se trouvaient Bérengère de Navarre fiancée à Richard et sa sœur Jeanne de Sicile, furent entraînés sur les côtes méridionales de Chypre et se brisèrent sur les ' rochers non loin de Limassol. L'île appartenait à cette époque à Isaac Commène ancien gouverneur d'Arménie qui, obligé de s'enfuir de Constantinople à l'avènement du tyran Andronic, avait réussi à entraîner les habitants dans sa révolte et à se faire proclamer empereur. En bon orthodoxe il détestait les Latins et comme il se trouvait à ce moment à Limassol, il défendit d'abord aux naufragés d'entrer dans la ville, puis

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