Ambroise, y
Un résultat inattendu de ce long siège fut d'établir dans les intervalles des combats, des rapports presque cordiaux entre chrétiens et musulmans ; les uns et les autres apprirent à s'estimer et firent parfois assaut de courtoisie. Malgré l'horreur que lui inspire la religion des Sarrasins, l'auteur de « l'Estoire de la Guerre Sainte » ne peut se défendre d'admiration pour eux :
Pierre iert la gent et orgoillose En la cité e merveillose.
Se ço ne fust gent mescreue Onques mieldre ne fut veue^.
Ces sentiments n'empêchaient pas les adversaires de retrouver leur acharnement au moment du combat; alors la cruauté reprenait le dessus. Il n'y en avait pas moins là les principes des rapports nouveaux qui devaient s'établir entre la chrétienté et l'islam.
L'arrivée de Philippe-Auguste et de Richard Cœurde-Lion avait donné aux travaux du siège une nouvelle
j activité : cependant la rivalité entre les deux rois et l'absence de commandement suprême étaient pour les
I chrétiens des causes de faiblesse. Enfin le 13 juillet 1191, les assiégés, n'espérant plus aucun secours de Saladin, capitulèrent : la garnison obtint de sortir librement à condition que Saladin paierait pour sa rançon 200.000 besants d'or, rendrait la vraie Croix et mettrait en liberté les prisonniers chrétiens ^. Un délai de quarante jours était fixé pour l'exécution du traité et les assiégés livrèrent 2.000 otages pour la garantir. Aussitôt les bannières chrétiennes furent arborées sur les tours de la ville. Richard et Philippe après s'être partagé le butin allèrent se loger, l'un dans la maison des Templiers, l'autre au palais royal. Le 16 juillet, les églises