‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 112 sur 268 · RICHARD CŒUR DE LION EN PALESTINE · texte numérisé non relu

RICHARD CŒUR DE LION EN PALESTINE

expier cruellement cette insulte ^ Ses querelles avec Philippe-Auguste déterminèrent celui-ci à quitter la Palestine le 28 juillet ; le roi de France jura bien de protéger pendant l'absence de Richard les domaines qu'il possédait en France : il n'en partait pas moins avec l'intention de satisfaire ses rancunes et de créer des embarras à son rivaP. Le duc de Bourgogne resta en Palestine avec 10.000 chevaliers, mais Philippe-Auguste lui avait donné des instructions secrètes qui devaient contrarier l'autorité que s'arrogeait le roi d'Angleterre.

Après le départ du roi de France, Richard Cœur-de- Lion devint le chef suprême de la croisade. Le 28 juillet, il avait imposé son arbitrage aux deux prétendants au trône de Jérusalem : il fut convenu que Guy de Lusignan resterait roi jusqu'à sa mort, mais qu'il aurait pour successeur Conrad marquis de Montferrat, qui garderait en garantie les places de Beyrouth, Tyr et Sidon ^. Le 20 août, Saladin n'ayant pas encore exécuté les conditions de la capitulation de Saint-Jean d'Acre, Richard fit massacrer devant les portes de la ville les deux mille otages musulmans livrés en garantie de l'exécution du traité ; cet acte de férocité peint bien son caractère impulsif et cruel ''. Enfin la marche sur Jérusalem fut décidée et l'armée commença à se porter sur Jaffa en suivant la côte, menacée sur son flanc gauche par Saladin. Après avoir pris Césarée (7 septembre) et mis en fuite l'armée de Saladin à Arsur (10 septembre), l'armée chrétienne atteignit Jaffa où elle retrouva la flotte italienne qui lui apportait des provisions. Pendant ce temps Saladin détruisait de

A. Ann. colonienses maximi, M. G. SS., XVII, 802.

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