CONTIN. GUILL. DE TyR, XXXI
fond en comble la ville d'Ascalon pour l'empêcher de tomber aux mains des chrétiens, puis il se rendait à Jérusalem dont il augmentait les moyens de défense.
Avant de marcher sur la ville les chrétiens tentèrent de l'obtenir par des négociations avec Saladin qui furent conduites séparément par Richard et par le marquis de Montferrat. Furieux du massacre des otages, qu'il n'avait pas voulu cependant venger dans le sang des prisonniers chrétiens, Saladin se montra intraitable et ne consentit à rendre ni Jérusalem, ni la vraie Croix Un projet romanesque de mariage entre Jeanne de Sicile, sœur de Richard, et Malek-el-Adil, frère de Saladin, qui serait devenu gouverneur de Palestine, échoua également par suite du refus de Malek-el-Adil de se faire chrétien. Ces hésitations donnèrent le temps à Saladin de faire venir à Jérusalem des renforts d'Egypte et quand au mois de décembre Richard voulut tout à coup marcher sur la ville, les Templiers et les Hospitaliers le détournèrent de son dessein en lui montrant qu'il était impossible de la prendre. L'armée chrétienne se dédommagea en occupant les ruines d'Ascalon (19 janvier 1192) et en commençant à rebâtir cette ville avec ardeur*.
Les nouvelles discordes qui éclataient sans cesse entre les croisés eurent d'ailleurs pour résultat de rendre impossible toute tentative de marche sur Jérusalem. A Saint-Jean d'Acre les Pisans et les Génois se disputaient la prépondérance tandis qu'une guerre ouverte commençait entre le marquis de Montferrat et le duc de Bourgogne. Richard leur imposa son arbitrage et continua ses négociations avec Malek-el-Adil. Le 29 mars 1192 eut lieu à Saint-Jean d'Acre une cérémonie étrange : devant toute son armée Richard con-