‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 115 sur 268 · CONTIN. GUILL. DE TïR, XXVI · texte numérisé non relu

CONTIN. GUILL. DE TïR, XXVI

Ascalon et obtint pour les croisés anglais la liberté d'aller en pèlerinage au Saint-Sépulcre ^ Le 9 octobre, il s'embarquait pour l'Europe : la terreur qu'il avait inspirée aux Sarrasins devait revivre longtemps après dans les chansons populaires et, pour calmer leurs enfants indociles, il suffisait aux mères de les menacer du roi Richard. La captivité romanesque que le duc d'Autriche lui infligea en représailles de l'insulte qu'il avait subie de sa part, servit encore à augmenter le prestige de sa figure auprès de la postérité^. Il n'en quittait pas moins la Palestine en laissant inachevée la tâche qu'il avait assumée : Jérusalem restait aux musulmans, mais le premier il avait essayé de la regagner par des négociations : son exemple ne devait pas tarder à être suivi.

§ 5. — La croisade des Allemands (1193-1198].

Peu de temps après le départ de Richard Cœur-de- Lion arriva un événement qui aurait changé la face des choses si les chrétiens eussent été capables d'en profiter. Saladin mourut en 1193 et ses dix-sept fils se partagèrent ses états, mais le frère de Saladin, Malekel-Adil, s'empara de l'Egypte et de la Syrie : une guerre civile éclata entre les princes musulmans^. En Europe un seul prince paraissait capable de remplacer Richard : c'était le fils de Barberousse, l'empereur Henri VI, qui prétendait exercer dans leur plénitude les droits attachés au titre d'empereur. Richard Cœurde-Lion avait déjà dû, pour sortir de captivité, lui faire hommage de ses états et il méditait de forcer Philippe-

i. CONTIN. GUILL. DE TyR, XXVI, 17.

2. Voy. le récit de Roger de Hoveden, M. G. SS., p. 158 et suiv.

Page 1