‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 116 sur 268 · MiCHAUD, Bib. des Crois., IV, 360 et suiv · texte numérisé non relu

MiCHAUD, Bib. des Crois., IV, 360 et suiv

Auguste à le reconnaître comme son suzerain. En outre, maître de l'Italie centrale et couronné roi des Deux- Siciles à Palerme le 25 décembre 1194, il héritait de la politique orientale des rois normands et de leurs projets traditionnels contre l'empire byzantin. Tandis qu'Isaac l'Ange effrayé se rapprochait du pape Célestin III, Henri VI lui envoyait une sorte d'ultimatum pour lui réclamer les territoires conquis autrefois par les Normands, une indemnité pour les dommages reçus par Frédéric Barberousse pendant sa croisade, une flotte de guerre pour coopérer à la conquête de la Palestine^. Quand Isaac l'Ange eut été renversé du trône et aveuglé par son frère Alexis III (10 avril 1195), les projets d'Henri VI devinrent plus menaçants encore. Il fiança Irène, veuve du prétendant sicilien Roger et fille d'Isaac l'Ange, à son frère Philippe de Souabe, croyant ainsi lui créer des droits à l'empire de Constantinople. Le 31 mai 1195, Henri VI tint] à Bari une diète solennelle ; il reçut la croix des mains de l'évêque de Sutri, et dans une lettre adressée au pape Célestin III ainsi qu'aux évêques allemands, il annonça l'intention d'envoyer en Terre Sainte 1.500 chevaliers et 1.500 sergents. Ces préparatifs étaient dirigés autant contre Constantinople que contre la Palestine 2.

C'était d'ailleurs la souveraineté de l'Orient tout entier que rêvait Henri VI et il inaugura la politique qui devait plus tard, sous son fils Frédéric 11, transporter en Terre Sainte la lutte du sacerdoce et de l'empire. Les conquêtes des chrétiens en Orient avaient été considérées jusque-là comme le patrimoine de l'Église, mais d'après la théorie des jurisconsultes de

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