‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 122 sur 268 · INNOCENT III ET SA POLITIQUE ORIENTALE · texte numérisé non relu

INNOCENT III ET SA POLITIQUE ORIENTALE

rémission de leurs péchés à ceux qui prendraient la croix. Le clergé devait consacrer le quart de ses biens à l'entreprise : les laïques verseraient leurs contributions dans les troncs des églises ; le pape lui-même offrit le dixième de ses revenus et l'équipement d'un navire *. Clnfm le pape s'attachait à faire cesser les luttes qui divisaient tous les princes de la chrétienté : il tentait de réconcilier Richard Cœur-de-Lion avec Philippe-Auguste; il cherchait à obtenir que le duc d'Autriche rendît la rançon extorquée au roi d'Angleterre, et, malgré les mauvaises dispositions de Richard, le cardinal Pierre de Capoue obtenait de lui la signature d'une trêve de cinq ans avec Philippe-Auguste (trêve de Vernon, janvier 1199) ^. Des exhortations analogues étaient adressées au roi de Hongrie qui devait acquitter le vœu fait par son père, au comte de Toulouse, Raimond VI, à tous les archevêques, évêques et abbés de la chrétienté. Bientôt parurent dans toute l'Europe et surtout en France des prédicateurs populaires. Un de ceux qui entraînèrent le mieux les foules fut le curé de Neuilly, Foulque, qui passait pour faire des miracles et qui aurait donné la croix à plus de deux cent mille pèlerins. Le pape l'avait désigné expressément comme prédicateur de la croisade. Le 28 novembre 1199, au tournoi d'Ecry-sur-Aisne son éloquence décida un grand nombre de princes et de chevaliers à prendre la croix : Thibaud, comte de Champagne, Louis, comte de Blois, Simon de Montfort et un grand nombre de vassaux de Champagne et de l'Ile de France parmi lesquels, l'historien de la croisade, Geoffroi de Villehardouin, maréchal de Champagne ^. Le mouvement gagna le nord,de la France et

i. Cesta Innocent. (P. L., CCXIV, lxxxix-xc).

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