LiCHAiRF. (Layisse, H. de Fr.), IH
3. Vii.LEiMRDOiiN, éd. N. DE Waim.y, p. 2-7. — Gcstu liinocent., P. L., CCXIV, xc-xcii.
LE PAPE INNOCENT lil ET L'ORIENT. lfl|j
le 23 février 1200, Baudouin, comte de Flandre, et h comtesse Marie sa femme, sœur de Thibaud de Champagne, prirent la croix à Bruges; leur exemple fui bientôt suivi par Henri, frère de Baudouin et par un grand nombre de seigneurs flamands ^ Dans TAllemagne du sud la croisade fut prêchée par Martin, abbé de Pairis, près de Coimar, qui, dans une assemblée tenue à Baie, entraînait un grand nombre d'adhésionj (septembre 1201). Après un pèlerinage à Cîteaux il vint lui-même se mettre à la tête des croisés allemands qui se dirigeaient vers l'Italie ^.
Tels furent les principaux résultats de l'initiative prise par Innocent III; malgré leur importance ils étaient loin de ce qu'attendait le pape, et les principaux souverains de l'Europe restaient indilTérents, sinoa hostiles, à la croisade. En Allemagne commençait la lutte entre Philippe de Souabe et Otton de Brunswick; en France Philippe-Auguste était excommunié après son divorce avec Ingeburge; en Italie môme le pape avait encore de puissants adversaires. Au concile de Dijon (janvier 1199), où fut prononcée l'excommunication de Philippe-Auguste, et où se trouvaient réunis quatre archevêques et dix-huit évêques, le légat ne put qu'à grand'peine faire voter l'impôt d'un trentième sur les biens ecclésiastiques. Ce fut dans ces conditions défavorables que s'engagea la croisade qui devait être pour le pape une source nouvelle de tristesse.
§ 2. — Les origines de la croisade de Constantinople.
Dans le cours de l'année 1200 les croisés français tinrent plusieurs assemblées dans lesquelles le comte
1. ViLLEHARDOLiN, p. 9. — Devustal. Constantin., M. G., XVI, 9-10.