ViLLEHARDOUIN, p
^.'jGesta Innocent., 83, P.L., CCXlV,cxxxi : « ut videlicet ipsi Christianos non Ixderent, nisi forsan iler eorum illi nequiter impedirent ».
nène, et reçu le litre de César; il était mort empoisonné par Andronic le tyran. Avant d'être roi de Jérusalem, son frère Conrad avait aidé Isaac l'Ange à devenir empereur. En face de la politique traditionnelle des papes qu'Innocent III voulait reprendre, se dressait le plan de croisade du parti gibelin. Pour le pape tous les eiforts de la chrétienté devaient être subordonnés à la conquête des Lieux Saints et il suffirait de la diplomatie pour modifier les dispositions de l'empereur de Constantinople vis-à-vis de l'Occident et l'amener à coopérer à cette œuvre. Le plan gibelin, au contraire, consistait à détruire l'empire byzantin et à lui substituer un empire latin qui serait le meilleur auxiliaire de la croisade : Henri VI l'avait emprunté aux rois normands de Sicile ses prédécesseurs; son frère Philippe de Souabe en était le dépositaire; Boniface de Montferrat allait en être l'exécuteur.
Un événement inattendu vint donner corps à ces projets encore vagues. Un fils d'Isaac l'Ange, Alexis, s'échappa du palais, où il était détenu par ordre de l'usurpateur Alexis III, et aborda en Italie au printemps de 1201 \ au moment même où les croisés concluaient leur traité avec Venise. Le jeune Alexis vint à Rome auprès d'Innocent III et lui promit, s'il régnait un jour à Constantinople, de rétablir l'union des deux églises ^. De là il se rendit en Allemagne auprès de son beaufrère Philippe de Souabe qui, par une coïncidence vraiment singulière, eut avec Boniface de Monferrat, le chef de la croisade, une entrevue à Haguenau le 25 décembre 1201. Il n'existe aucun témoignage certain sur la nature de cet entretien, mais les événements postérieurs autorisent à croire que la restauration d'Isaac l'Ange et d'Alexis en fut le principal sujet. Quelques mois
i. W. NoRDEN, Das Pappstum, p. iU.