‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 128 sur 268 · Epist. Innocent, V, 1-22 (P. L., CCXIV, 4123-H · texte numérisé non relu

Epist. Innocent, V, 1-22 (P. L., CCXIV, 4123-H

bles aux Vénitiens de 36.000 marcs. Alors un nouveau traité intervint : sur le conseil de Dandolo, les Vénitiens olîrirent aux barons de les tenir quittes de leur dette s'ils voulaient les aider à reprendre la ville de Zara en Dalmatie que leur avait enlevée le roi de Hongrie. Malgré lopposition de quelques croisés, le pacte fut conclu, Henri Dandolo prit solennellement la croix ainsi qu'un grand nombre de Vénitiens et les croisés s'embarquèrent (novembre 1202). Après un siège de quelques jours la ville de Zara capitula ^

Cette première déviation de la croisade se rattachait-elle au plan byzantin de Philippe de Souabe? Il semble bien qu'on en a une preuve certaine : au moment même où les croisés se dirigeaient sur Zara, leurs chefs envoyaient le cardinal-légat Pierre de Capoue en ambassade auprès du pape pour lui demander d'approuver la restauration du prétendant. Par une singulière coïncidence, des envoyés d'Alexis lll se trouvaient à Rome pour détourner Innocent HI de s'allier avec le jeune Alexis^. Le pape soumit l'atîaire à son conseil; l'offre des croisés y rencontra quelques partisans qui firent valoir la haine des Grecs pour l'église romaine; leur avis ne prévalut pas et Innocent III resta fidèle à son alliance avec Alexis III, mais cette démarche des croisés prouve suffisamment qu'en acceptant l'expédition de Zara, ils voulaient gagner du temps et entraîner le consentement du pape. La question de savoir s'il y avait dès ce moment entente entre eux et les Vénitiens, est plus difficile à résoudre. Il est cependant peu vraisemblable qu'Henri Dandolo n'ait pas été l'objet des mêmes sollicitations de la part de Philippe de Souabe quef les autres chefs de la croisade. Il eût été en effet impossible sans son

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