‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 130 sur 268 · Hanotaux, Revue Historique, 1877, IV, p · texte numérisé non relu

Hanotaux, Revue Historique, 1877, IV, p

en attaquant un territoire chrétien ' . L'évêque de Soissons rapporta l'absolution pontificale et sa mission paraît avoir eu un caractère exclusivement religieux. Quelques jours après parut au camp des croisés Boniface de Montferrat, qui n'avait pas assisté à la prise de Zara, et son arrivée fut suivie le 1" janvier 1203 de celle d'une ambassade de Philippe de Souabe qui , cette fois, venait proposer ouvertement la restauration du jeune Alexis. Le prétendant s'engageait à remettre J'empire byzantin sous l'autorité religieuse de Rome, à verser aux croisés une somme de 200.000 marcs d'argent, à prendre part en personne à la croisade et à entretenir perpétuellement en Terre Sainte un corps de 500 chevaliers ^. Ces promesses étaient séduisantes et habiles : la nouvelle entreprise était présentée non comme un abandon de la croisade, mais au contraire comme la première condition de sa réussite. Ce fut pour cette raison que la grande majorité de l'armée les accepta, malgré l'opposition violente de Simon de Montfort et de quelques chevaliers^. Tandis que les mécontents s'embarquaient pour la Palestine, le jeune Alexis arrivait lui-même au camp de Zara (7 avril 1203) et quelques jours après la flotte appareillait pour Corfou^. On passa dans cette île trois semaines qui furent employées, semble-t-il, à vaincre les dernières résistances. Enfin le 24 mai, l'ordre du départ fut donné et la flotte fit voile pour Constantinople. Au même moment le pape Innocent III, mis au courant du pacte de Zara par le cardinal Pierre de Capoue, défendait formellement aux croisés d'attaquer l'empire byzan-

i. VILLEIIAUDOUIN, p. 58-fiO.

:2. ViLl.EiiA»DOi;iN, p. 50-54.

3. ViLLEHAKDouiN, p. 54-58. — Devttstat. Constantinop.y M. G., XVI,

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