DE VALENCIENNES
3. Henri de Yalenciennes, éd. N. de Wailly, p. 406. Gerland, p. 186 et suiv,
Henri n'avait pas trop de toutes ses forces pour maintenir son pouvoir; obligé d'être partout présent, il ne pouvait achever aucune de ses entreprises. La lutte contre les Bulgares l'empêcha d'inquiéter sérieusement Théodore Lascaris qui, couronné solennellement en 1206, devint aux yeux des Grecs le souverain légitime. En 1212, au moment où Henri commençait à devenir menaçant pour l'empereur de Nicée, il dut s'arrêter faute de troupes suffisantes et un accord intervint entre les deux ennemis \
A ce moment l'idée de faire servir l'empire latin à la croisade était complètement abandonnée. Loin d'être un auxiliaire pour la politique chrétienne en Orient, la Romanie détournait au contraire à son profit les forces qui eussent été si utiles en Syrie. Dans l'appel qu'il adresse aux chevaliers d'Occident en 1212, Henri leur promet des fiefs, mais ne parle plus de la conquête de Jérusalem ^. Bien plus ces guerres continuelles ont affaibli chez les belligérants toute ardeur religieuse : en 1209, l'empereur Henri n'hésite pas à conclure, par l'intermédiaire des Vénitiens, un traité avec le sultan d'Iconium dirigé contre , Nicée ^. Théodore Lascaris lui-même a des chevaliers francs à sa solde : la guerre de Romanie a perdu son caractère de croisade : c'est une aventure glorieuse et souvent profitable pour ceux dont elle a enflammé l'imagination, mais elle est plus nuisible qu'utile aux intérêts de la Terre Sainte.
Un des plus grands avantages que le pape attendait de la prise de Constantinople, l'union des églises, ne fut morne pas entièrement atteint. Malgré le caractère modéré des instructions données au cardinal de Sainte-