‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 144 sur 268 · Gerland, p. 10 et suiv · texte numérisé non relu

Gerland, p. 10 et suiv

efforts du pape pour gagner le clergé grec *. La question des biens ecclésiastiques donna lieu aussi à des négociations difficiles qui se terminèrent par un compromis en 1210 : au deuxième parlement de Ravennika tenu par l'empereur Henri, les barons s'engagèrent à restituer les biens sécularisés pour lesquels l'Église accepta de payer l'impôt foncier ^.

§ 5. — Retour du pape à l'idée de la croisade.

Ainsi, loin d'améliorer les affaires de la chrétienté en Orient, la croisade de Constantinople, entreprise malgré le pape, n'avait été pour lui qu'une source de soucis et de difficultés. Il n'est donc pas étonnant qu'après s'être rendu un compte exact de la fragilité de cette nouvelle colonie chrétienne, il ait fini par renoncer à y chercher un auxiliaire pour la croisade. Jusqu'en 1206 il put conserver quelques illusions : l'empereur Henri s'entourait de Templiers ou d'Hospitaliers et exprimait dans ses lettres son zèle pour la croisade en affirmant que les intérêts de la Remanie et ceux de la Terre Sainte étaient solidaires et que son armée marchait au combat au cri de : Saint-Sépulcre ^ ! En mars 1207 Innocent III considérait encore comme des croisés les chevaliers de Constantinople et les engageait à prier Dieu de les aider à accomplir leurvœu^*. 11 avait cependant témoigné déjà son mécontentement aux Vénitiens qu'il accusait d'avoir, en détournant la croisade de sa destination, empêché la prise d'Alexandrie et de Jérusalem^. Enfin édifié sur les secours qu'il pouvait

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