‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 145 sur 268 · Tafel et Thomas, II · texte numérisé non relu

Tafel et Thomas, II

attendre de l'empire latin, il cessa d'exciter les barons de Romanie à se préparer au voyage de Palestine. Dans l'automne de 1207 le retour à Rome du cardinal de Sainte-Suzanne, qui s'était dévoué avec ardeur à la cause de l'empire latin, et l'abandon des pouvoirs de légat du Saint-Siège au patriarche Morosini marquèrent un changement dans la politique orientale d'Innocent III ^ ; considérant comme définitif l'échec de l'expédition de 1204, il travailla avec ardeur à préparer une nouvelle croisade.

Mais la situation politique de l'Europe était encore moins favorable à la prédication de la croisade qu'en 1198. En Allemagne la guerre durait toujours entre I les Guelfes et les Gibelins. A la diète de Nordhausen, en 1207, Philippe de Souabe ne pouvait promettre au patriarche de Jérusalem et au grand maître des ordres militaires qu'une contribution en argent. Il était assassiné l'année suivante et en 1209 Otton le Guelfe, devenu seul empereur, prenait la croix, mais il n'allait pas tarder à entrer en lutte contre le pape. En France le pape lui-même faisait prêcher la croisade contre les Albigeois (1209) en accordant aux croisés les mêmes indulgences que s'ils étaient allés en Terre Sainte ; en même temps la lutte territoriale engagée entre Philippe-Auguste et Jean Sans-Terre absorbait toutes les forces de ces deux souverains. La croisade est partout à cette époque : en Espagne contre les Almohades, en France contre les Albigeois, en Angleterre contre Jean Sans-Terre (1213), en Prusse contre les païens, à Constantinople contre les Grecs. Comment les forces chrétiennes ainsi dépensées pourraient-elles secourir la Terre Sainte? '

Et pourtant l'idée de la délivrance du Saint-Sépulcre

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