‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 146 sur 268 · Gerland, p · texte numérisé non relu

Gerland, p

es\ encore assez forte pour produire dans les âmes des simples des élans de mysticisme analogues à ceux qui avaient accompagné la première croisade. Au mois de juin 1212 un jeune berger de Vendôme nommé Etienne se cru' désigné par Dieu pour conduire les chrétiens en Palestine et annonça que la mer s'ouvrirait devant lui comme autrefois devant les Israélites. Bientôt un millier «reniants abandonnèrent leurs parents et se réunirent autour de lui. Des prêtres, des marchands, des^iventuriers de toute sorte et même des femmes se joioriirentà eux. Monté sur un char richement orné, le noir eau chef de croisade fit son entrée à Marseille; là deux marchands s'engagèrent à transporter sa troupe en Palestine, mais deux de leurs galères firent naufrage et les autres allèrent déposer leurs passagers sur les marchés d'esclaves de Bougie et d'Alexandrie. Au même moment cette contagion gagnait 1 Allemagne et un enfant de Cologne, Nicolas, qui avait des extases, se mit à prêcher la croisade, en annonçant qu'il allait fonder le règne de la paix en Palestine. Vingt mille enfants se mirent sous ses ordres, parvinrent à passer les Aljies et se dirigèrent vers Brindisi; un grand nombre mourut de faim et de fatigue ; quelques-uns voulurent aller à Rome recevoir l'absolution du pape : bien peu revirent leur pays (1213) ^

< ependant après la chevauchée de Frédéric II en Allemagne, Innocent 111 venait de triompher définitivement dOtton de Brunswick; la seule venue de l'héritier des Hohenstaufen avait sufTi à rallier autour de lui tous les princes. Ce fut le moment qu'Innocent III choisit pour donner une nouvelle activité aux préparatifs de la croisade. Dès l'année 1213, des prédications commencèrent dans toute F Europe. En même temps

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