‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 147 sur 268 · Albéric des Trois-Font., m. G., XXni · texte numérisé non relu

Albéric des Trois-Font., m. G., XXni

le cardinal Pelage envoyé en Orient était chargé de négocier uneunion religieuse avec Théodore Lascaris f^t d'obtenir de lui qu'il se réconciliât avec l'empereur II* nri \ Le pape renonçait ainsi à toute exten^^ion de renipire latin et cherchait à maintenir en Remanie le si cita .|ijo, afin d'empêcher les croisés de se laisser entraîner à une nouvelle diversion. La bataille de Bouvines, en délivrant la France d'une invasion (1214), ruina les dernier, s «s- Ipérances d'Otton IV. Le 25 juillet 1215, après son cuui ronnement à Aix-la-Chapelle, 1 empereur Frédéric II descendit dans le caveau de Charlemagne et là, en présence des légats pontificaux, de son propre mouveuitiiit et au grand étonnement de tous, il prit solennel]( ni nt la croix 2 « pour témoigner sa reconnaissance' à Dieu de tous les bienfaits qu'il en avait reçus ». Enfin, au mois de novembre suivant, le deuxième concile œcuméni<jue I s'ouvrait dans le palais de Latran : 412 évéqu^'S, 800 abbés ou prieurs, les patriarches de Jérusalem et des Maronites, celui de Constantinople, les an)b;issadeurs de tous les souverains se pressaient aulou^ d Innocent III. Le 11 novembre le pape ouvrit la promi(>re session en prêchant sur le texte : « J'ai désiré céj brer encore une fois la Pâque avec vous avant de souiTri'-^ », et en expliquant le sens du mot Pâque qui sigiiili*^ lissage, transitas, il exhorta les fidèles à prendre Ih r: x.. Aux canons du concile fut annexé un décret r< . la

croisade. Le départ était fixé au l^'' juin 1217 : ici, les fidèles devaient prendre la croix ou contribuer à i . .\pédition de leurs revenus. Tout seigneur laïque eMlreii^udrait un chevalier pendant trois ans. Pendant ce temps le clergé paierait le vingtième de ses rev/înus ; I )e

et les cardinaux s'engagèrent à sacrifier 'le di\i i„e du

1. W. NoRDEN, p. 226 et suiv. - Gerland, Byz. Zeit., XVI, p. 6^-6^23,

2. Rien. DE San-Germano, m. G. SS.y XIX, 337. ■3. Luc, XXII, 15.

leur. Afin d'éviter tout naturellement la route de Romanie, Texpédition partirait des ports de l'Italie du Sud et de la Sicile. Il était enjoint à toutes les villes maritimes de fournir des vaisseaux. La paix générale était proclamée pour quatre ans dans toute l'Europe chrétienne avec menaces d'excommunication contre ceux qui la violeraient. Enfin les rapports entre puissances chrétiennes et musulmans étaient formellement interdits'.

Lorsque Innocent III mourut à Pérouse, en 1216, il l)ut croire que la pensée qui avait dirigé toute sa vie était près de se réaliser : dans toute l'Europe les fidèles se préparaient à obéir aux décrets de Latran; l'échec de la croisade de 1198 allait être réparé. Et pourtant le règne d'Innocent III a vu se manifester les obstacles nouveaux qui allaient rendre les croisades de plus en plus difficiles à organiser. A la politique œcuménique du pape défenseur des intérêts de la chrétienté, s'opposent désormais les intérêts des puissances territoriales et commerciales. Pour les unes la croisade est une diversion fâcheuse; pour les autres elle est un champ d'exploitation ouvert à leur avidité. S'il n'est pas exact que la république de Venise ait trahi la chrétienté en 1202, on peut dire qu'elle a du moins détourné dans le sens de ses intérêts particuliers le mouvement généreux des chevaliers français. D'autre part la conquête de Constantinople, la croisade des Albigeois, celles d'Angleterre, de Prusse. d'Espagne on dispersé les efforts qui auraient pu se concentrer vers] la Terre Sainte. Appliquée à des schismatiques, puis à des hérétiques, puis à des chrétiens révoltés, l'idée de la croisade a perdu son caractère religieux et a fini par se discréditer. Dès l'époque d'Innocent III il est

1. Mansi, XXII, 954-1082. RiCH. DE S.-GermAiNO, M. G. SS., XIX, 337. «ÉRIC DES TllOIS-FOM., M, G., XXIII, 903.

facile de discerner les causes qui vont ruiner cette idée en Europe et établir entre la chrétienté et les infidèles un ordre nouveau de rapports.

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