CHAPITRE VIII
LA LUTTE DE LA PAPAUTE ET DE l'eMPIRE EN ORIENT
§ 1. — Les états chrétiens d'Orient au début du XIIP siècle.
Pendant que l'empire latin détournait à son profi les forces de la croisade, les états chrétiens de Syri(
BIBLIOGRAPHIE. — Sources : Lettres des papes. Honorius III (1216 27), Registres, éd. Pressuti, Rome, depuis 4888. — Grégoire IX (4227-41 {Bib. Éc. franc, de Rome), éd. Auvray, depuis 4891. — Innocent IV (1243-54) éd. Elle Berger {Bib.Éc. franc, de Rome), 1884-92.— Nicolas de Curbio, Vie d'Innocent IV, éd.MuRATORi, III, 1, 592.
Croisades : Jacques de Vitry, évéque d'Acre, 1216, prend part à la 5* croisade, cardinal en 1228, mort en 1240 : Historia Orientalis seu Ht» rosolymitana^ 2 1. (le 3« livre est apocryphe : c'est une compilation di rapport d'Haymar à Innocent III et du récit d'Olivier le Scolaslique) éd. BoNGARs, I, 1047-1125 (trad. franc. Guizot, Collect. de Mémoires re lat. à l'hist. de France, t. 22). — Lettres sur la croisade, éd. Rohricht Zeitschrift fur Kirchengeschichte, XIV-XVI (et Martène, Thés. Anecd. III, 287-307. — D'ACHERY, Spicileg., 111,590-94. BoxGARS, I, 1146-1149).
Olivier le Scolastique évéque de Paderborn et cardinal, mort en 1227 10 lettres (1214-1221), éd. Rohricht, 1891 {Westdeutsche Zeitschrift fû\ Gesch.und Kunst). — Historia Damiatina, éd. Eccard. — Corpus histo ricum, II, 1397-1450. Les nombreux témoignages relatifs à l'expéditioi d'Egypte ont été réunis par Rohricht, Quinti belli sacri scriptores mi nores {Soc. Or. lot., 1879) et Testimonia minora de quinto bello sacn e chronicis occidentalibus {Soc. Or. lat., 1882). — Thomas archidiacp de Spalato (croisade d'André de Hongrie).
Mémorial des podestats de Reggio (Siège de Damiette), éd. Mcratori VIII, 1074etsuiv.
Royaume de Jérusalem. Continuateurs de Guillaume de Tyr (Brades) Ilist. Occ. Crois., II. Ernoul et Bernard le Trésorier, éd. Mas-Latrii Soc. Hist. de Fr.
Frédéric II. Huillaro-Bréholles, Historia diplomatica Friderici se
jouissaient d'une paix presque complète. Au début du XIII® siècle leur situation apparaît comme assez prospère ; elle offrait les conditions les plus favorables à la croisade qui se préparait en Occident. Un certain nombre de croisés avaient refusé de s'engager dans la marche sur Constantinople ou même de s'embarquer
cundi. Paris, 1852-61, 12 v. — BœHMEn, Regesta imperii, éd. Ficker, Innsbruck, 1881-83, t. V.
Richard de San Germano, Sicilien, notaire de Frédéric II : Chronique, M. G. SS., XIX, 323-384.— Annales Colonienses maximi (jusqu'à 1238), M. G. SS., XVII, 729-847. — Annales S. Pantaleonis colonùmis (1238- 1250), M. G. SS., XXII, 529-547. — Albéric moine de Trois-Fontaines (dioc. de Châlons), Chronique universelle, éd. Scheffer-Boichorst, M. G. SS., XXIII, 674-930. — Roger de Wendover, Chronique jusqu'en 1235, éd. Hewlett, Rolls séries 1886-89, 3 v. Matthieu Paris, Chronica majora, éd. Lieheumainn, M. G. SS., XXVllI, 107-455 (extraits), éd. complète LuARD, 1872-83, 7 v. (Rolls séries).
Missionnaires. Vie de saint François d'Assise par saint Bonaventure, éd. A. SS. Bolland., 2 octobre. — Salimbene, Irére mineur (1221-1290), Chronique 1167-1287, vénérable histoire de l'ordre des Mineurs, éd. Bektani (Monum. hist. ad provincias Parmensem et Placentinam pertinentia), 1857. — Bernard Gui, frère prêcheur (1304), Histoire de l'ordre des dominicains. Extraits dans Mautèxe, Amjyliss. Collect., VI, 397-539, et Rec. Hist. Fr., XXI, 735-757.
Invasion des Mongols. Bibliographie des sources orientales par Cahun (Lavisse et Rambaud, Histoire générale, II, p. 972-973). Voy. en particulier : Rachid-ed-Din. Histoire des Mongols de la Perse, éd. et trad. QuATREMÈUE. Paris, 1836. — Guiragos, prêtre arménien. Extr. trad. par DcLAURiER, Journal asiatique, 1838. — Hayton, roi d'Arménie, mort en 1308 : Histoire des Tartares, éd. de Bxckek {L'Extrême-Orient aumoyen âge) et Hist. Crois., Documents arméniens, I, 469 et suiv. — Sur l'invasion de la Hongrie : Rogerii (Canonicii Varadiensis) Carmen misera-, bile, éd. M. G. SS., XXIX, 546-567. Cf. les tragments M. G. SS., XXIV, 65; XXIX, 599.
Monographies. —De ^\s,-hkiw£.,Histoire du royaume de Chypre {op. cit.). — De Mas-Latuie, Les seigneurs tierciers de Négrepont {Rev. Orlat., I, 413). — Rôhricht, Studien zur Geschichte des fûnften Kreuzzuges. Innsbruck, 1891, 8". — Die Kreuzfahrt des Kaisers Friedrich IL Berlin, 1874, 8». — Hoogeweg, Der Kreuzzug von Damiette (1217-1221). Acad. de Vienne. Mittheilungen, 1887-1888. — Winkelmann, Geschichte Kaiser Friedrichs des zweiten und seiner Reiche. Berlin, 1863. — Lavissé, De Hermano Salzenzi ordinis Teutonici magistro. Paris, 1875. — Blochet, Les relations diplomatiques des Hohenstaufen aéec les sultans d'Egypte {Revue Historique, LXXXI, p. 51-64). — Bertaux, Les Français d'outre-mer en Apulie et en Epire au temps des hohenstaufen d'Italie {Revue Historique, XCV, p. 22.5-551). — Christen, Leben den heiligen Franciscus von Assis. Innsbruck, 1899. — Sur l'histoire des missions et do l'invasion des Mongols, voyez l'Introduction.
à Venise. En 1202, parurent à Saint-Jean d'Acre des Flamands sous les ordres de Jean de Nesle, châtelain de Bruges; puis arrivèrent successivement Tévêque d'Autun, Gautier, le cardinal-légat Pierre, Tabbé de Pairis avec une troupe d'Alsaciens, Simon de Montfort, etc.. (1203). Quelques-uns se mirent au service du prince d'Antioche, Boliémond IV, en guerre avec, le roi d'Arménie; d'autres firent quelques incursions} en territoire musulmane Mais le roi Amauri renouvela la trêve conclue avec Malek-el-Adil et les événements de Constantinople ruinèrent toute espérance d'une nouvelle croisade. Le 1" avril 1205, Amauri mourut, laissant une fille unique, Mélisende, mariée à Bohémond IV prince d'Antioche, mais sa femme, Isabelle, avait eu de son mariage avec Conrad de Mont-j ferrât, roi de Jérusalem en 1192, une fille, la princesse! Marie : ce fut elle que les barons déclarèrent la légitime héritière et ils s'adressèrent au roi de France, Philippe-Auguste, pour lui trouver un époux qui fût capable de défendre le royaume. Au lieu de choisir, comme ils s'y attendaient, un des plus riches barons, Philippe-Auguste leur désigna un cadet de la maison de Brienne dont le père avait été tué au siège de Saint- Jean d'Acre et qui avait lui-même assisté à la prise de Constantinople. Jean de Brienne était un chevalier accompli, mais il était âgé et peu fortuné. 11 demanda deux ans pour réfléchir et alla d'abord à Rome où il obtint d'Innocent III un prêt de 40.000 livres tournois sur les terres du comté de Brienne dont il était « baile » pour son neveu Gautier IV. Il revint ensuite à Paris où Philippe-Auguste lui donna 40.000 livres tournois et en 1210 il alla s'embarquer avec cent chevaliers. Il épousa Marie de Montferrat et se fitj