‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 149 sur 268 · CONTIN. GUILL. DE TYR, XXXI, 3 et SUiV · texte numérisé non relu

CONTIN. GUILL. DE TYR, XXXI, 3 et SUiV

'< couronner avec elle à Tyr, puis après une petite in- : cursion devant Damiette, il renouvela la paix avec le sultan (1211) ^

Pendant qu'à Antioche, une guerre de succession mettait aux prises le roi d'Arménie Léon P' et le comte de Tripoli, un nouvel état franc, le royaume de Chypre, s'organisait en face de la Syrie : il allait être pour les croisades futures un point d'appui de premier ordre. Après avoir échangé Jérusalem contre Chypre en 1192, Guy de Lusignan commença à attirer des colons sur son nouveau domaine. En prodiguant les concessions de terres ou de franchises il réussit à réunir un grand ; nombre de chevaliers ou sergents d'armes que les conquêtes de Saladin avaient privés de leurs terres. « On vit de pauvres savetiers, des maçons, des écri- « vains publics qui n'avaient eu jusque-là pour vivre « que le produit de leurs écritures, devenir tout à coup « dans Tîle de Chypre chevaliers et grands proprié- « taires^. » Trois cents chevaliers et deux cents écuyers ou turcoples reçurent des fiefs avec droit de succession, mais seulement en ligne directe ; aux roturiers furent concédés les droits de bourgeoisie ou de garnison (revenus en argent et en nature). Sous les successeurs de Guy, Amauri I" (1196-1205) et Hugue I" (1205-1219), le gouvernement fut organisé définitivement sur le modèle qu'offraient les principautés franques de Syrie. Le roi s'entoura de grands officiers chargés d'administrer son domaine et ses revenus de toute sorte, mais son pouvoir fut étroitement limité par celui de la Haute Cour, composée de tous les chevaliers pourvus d'un fief ou d'une sol4e, vassaux ou arrière-vassaux. Seule elle pouvait donner force de

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