‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 152 sur 268 · Tafel et Thomas, II, 484-193. — Heyd,I, 4H · texte numérisé non relu

Tafel et Thomas, II, 484-193. — Heyd,I, 4H

LA CROISADE D'EGYPTE. lUl

])lissement de la paix en Allemagne. La croisade était donc privée de son chef naturel. En France, où la croisade avait été prêchée par Jacques de Vitry qui devint évêque d'Acre, puis par le légat Simon, archevêque de Tyr, il y eut de nombreuses résistances. En revanche la croisade excita l'enthousiasme en Hongrie, où le roi André II avait résolu d'accomplir le vœu fait par son père, en Allemagne où le duc Léopold d'Autriche et un grand nombre d'évêques et de seigneurs de Brabant ou de Hollande prirent la croix, enfin dans les pays Scandinaves où deux expéditions s'organisèrent : l'une, sous le commandement de Casimir duc de Poméranie et du prince norvégien Sigurd Konùngsfrsendi, traversa l'Allemagne et alla s'embarquer à Venise et à Spalato avec le roi de Hongrie et les princes allemands ; l'autre quitta la Norvège par mer, recueillit sur sa route des croisés rhénans et frisons, fit escale en Galice afin d'accomplir le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, aida les Portugais à prendre une ville musulmane et rejoignit la grande croisade en mai 1218 \

Malgré les efforts d'Innocent III et de son successeur pour assurer la concentration des forces chrétiennes, il n'y eut pendant cette croisade aucune unité de direction. Les premiers contingents arrivèrent à Saint-Jean d'Acre au mois de septembre 1217. L'armée chrétienne comptait 2.000 chevaliers, 1.000 sergents à cheval, 20.000 sergents à pied et un grand nombre de gens de traits. Les trois rois de Hongrie, de Chypre et de Jérusalem étaient à sa tête. Mais bientôt les approvisionnements vinrent à manquer : des Bavarois se mirent à piller les environs d'Acre. II fallut der toute nécessité commencer l'expédition avant l'arrivée de nouveaux

i. Riant, Expédit. et pèlerinages des Scandinaves en TeiTe Sainte, p. 320-327.

renforts. L'armée alla en reconnaissance jusqu'au lac de Génésareth et revint chargée de butin. Une deuxième fois elle s'avança jusqu'au Mont Thabor où Malek- m el-Adil avait élevé une forteresse. Les musulmans furent repoussés derrière leurs murs, mais, faute de machines de sièges, il fallut battre en retraite. Le découragement commença à s'emparer des croisés. Enfin, après Noël, une expédition feignit de se porter sur Damas et s'avança jusqu'à Sidon sans trouver de résistance, mais tout à coup une violente tempête enleva les tentes et dispersa les bagages des croisés. L'armée commença à manquer de vivres et, pour échapper à la famine, dut se diviser en quatre corps ^. Le roi de Hongrie, jugeant son vœu accompli, rentra en Europe par l'Arménie et l'Asie Mineure. Le roi de Chypre Hugue P"" mourut à l'âge de vingt-trois ans en laissant un enfant de neuf mois pour lui succéder^. Cependant le duc Léopold d'Autriche, les Allemands et la moitié des Hongrois restèrent auprès du roi Jean de Brienne afin d'attendre des renforts.

De nouveaux croisés arrivèrent en effet au printemps de 1218 et Jean de Brienne résolut de réaliser avec leur aide le plan si longtemps différé de l'attaque des musulmans en Egypte. Après avoir pris une des embouchures du Nil, les croisés devaient marcher sur Babylone (le Caire). Au mois de mai 1218, la flotte des croisés débarqua sur la rive droite du Nil en face de Damiette, défendue par des fossés profonds et une triple enceinte de murs^; les Sarrasins avaient élevé en outre une tour au milieu du Nil et y avaient fixé de grosses chaînes de fer qui interceptaient la navigation ;

Page 1