De Mas-Latrie, Hist. de Chypre
3. Oliv. Scuolast. : Eccaud II, 140-2. Memor. potest. Regîens. Murât., VUI, 1083. J. DE ViTHY, i" lettre à Honorius III. Martène, Thés, anecd.^ in, 388.
LA CROISADE DÉGYPTE. 193
la place, qui passait pour imprenable, avait une garnison de 20.000 hommes. Les chrétiens essayèrent de s'emparer de la tour du Nil, mais leurs nefs furent fracassées à coups de pierres ou incendiées par le feu grégeois. Alors après avoir attaché ensemble deux nefs par des solives, ils construisirent dessus un énorme château de bois protégé par une cuirasse de cuivre, muni de galeries où se tenaient des combattants et d'un pont-levis destiné à s'abattre sur la tour. Trois cents chevaliers s'embarquèrent sur cette énorme machine et abordèrent auprès de la tour, puis ils voulurent abattre le pont-levis, mais les Sarrasins les couvrirent de feu grégeois. Enfin deux soldats parvinrent, en repoussant les défenseurs à coups de piques et de masses d'armes, à atteindre la plate-forme supérieure de la tour ; un Frison qui à l'aide d'un fléau à battre le blé, renversait tout sur son passage, s'empara de l'étendard jaune du sultan. Les Sarrasins s'enfuirent au premier étage en mettant le feu au plancher, puis voyant la résistance impossible, ils capitulèrent : la tour resta aux chrétiens*.
La croisade commençait sous d'heureux auspices et les avantages des chrétiens furent encore augmentés par la mort subite de Malek-el-Adil et les troubles qui en résultèrent. Ils ne surent pas en profiter et passèrent l'hiver dans l'inaction. Beaucoup de croisés, des Frisons et des Bretons reprirent le chemin de l'Europe. Comme toujours les provisions firent défaut et le seigneur de Gibelet dut avancer 50.000 besants d'or pour en faire venir de l'île de Chypre : les chrétiens trouvèrent au moins dans cette colonie les ravitaillements nécessaires. Au printemps de l5l9, arrivèrent des croisés de France et d'Angleterre conduits par