Casus S. GaUi (A/. G. SS., ni, p. ITG
'oyaume de Jérusalem, mais il entendait bien exercer ;on autorilé paternelle sur le jeune roi et sur son 'oyaume. De même il réclama la suzeraineté du oyaume de Chypre où régnait le jeune roi Henri sous a tutelle de sa mère Alix de Champagne et de son mcle Phili[)pe d'Ibelin, sire de Beyrouth. A son arrivée i Limassol (21 juillet 1228) Frédéric II prétendit avoir a garde du jeune roi jusqu'à sa majorité et la jouislance des revenus du royaume. Le jeune Henri dut ui prêter hommage; les barons refusèrent de suivre ;et exemple et n'accordèrent à l'empereur que la : féaiité ))^ L'année suivante il réussit à remplacer es régents par cinq bailes qui s'emparèrent de l'île en on nom.
Enfin le couronnement de cette politique fut l'acquiition pacifique de Jérusalem. Les troupes emmenées ►ar Frédéric II étaient tout à fait insuffisantes pour ine croisade. Ce n'était pas par la force, mais par voie liplomatique qu'il entendait rentrer à Jérusalem, afin le faire éclater aux yeux de tous la supériorité de sa missance politique capable d'obtenir par son seul >restige sur les musulmans le résultat auquel n'avaient ►u aboutir deux croisades générales. Les circonsances étaient d'ailleurs favorables et Frédéric II sut n profiter habilement. Le Soudan d'Egypte Malek-el- [hamil était en lutte avec le prince de Damas qui solicita contre lui l'alliance du puissant empereur de ^harezm maître de l'Asie centrale. Malek-el-Khamil iïrayé négocia un traité d'alliance avec Frédéric II lont les rapports avec lui étaient déjà anciens. Il pro- QÎt, moyennant son appui, de rendre aux Francs Jérualem et la Palestine. Mais au moment du l'empereur borda à Saint-Jean d'Acre en septembre 1228, le
4. Conim. GuiLL. DE Tyr, XXXIII, 2-3. Gestes des Chiprois (éd. Or. laUy i.38).
prince de Damas venait de mourir et le Soudan s'entendit avec son oncle, le prince de Kélath, pour dépouiller le fils du défunt de son héritage. Malek-el- Khamil n'avait donc plus les mêmes raisons de tenir sa promesse et tout en entretenant avec Frédéric II les meilleurs rapports, en lui faisant cadeau d'un éléphant, il fit beaucoup de difficultés pour céder Jérusalem *.
La situation de Frédéric II fut un moment assez critique. Le pape avait défendu aux grands maîtres des ordres militaires de lui obéir et enjoint au patriarche de Jérusalem de publier les bulles d'excommunication et de jeter l'interdit sur tous les lieux qu'il traverserait. A Saint-Jean d'Acre des franciscains et des dominicains prêchaient ouvertement contre lui, les grands maîtres du Temple et de l'Hôpital publiaient les ordres du pape « au nom de Dieu et de la chrétienté » et beaucoup de croisés s'embarquaient pour l'Europe. Il ne resta bientôt à l'empereur que 2.000 allemands, 1.500 chevaliers teutoniques et 20.000 piétons. Alors il vint à Jaffa pour précipiter les négociations avec le Soudan; il gagna à sa cause l'émir Fakr-Eddin à qui il conféra la chevalerie; grâce à cet intermédiaire il parvint à faire tomber les hésitations du soudan ; un accord fut rédigé à la hâte en français et en arabe, devant quelques témoins ; l'empereur le jura immédiatement (4 février 1229). D'après le traité de Jaffa le Soudan restituait à l'empereur Jérusalem, Bethléem et Nazareth avec les routes et les hameaux qui reliaient ces villes à Saint-Jean d'Acre. Jérusalem venait d'être démantelée par les troupes du prince de Damas : il était interdit aux chrétiens d'en rebâtir les murs. Le patriarche, le clergé et les ordres militaires pourraient rentrer dans la ville, mais sans obtenir la restitution