MiCHAUD, Biblioth. des Croisades, IV
de leurs biens. Les musulmans gardaient avec le libre exercice de leur culte et la juridiction sur leurs nationaux la propriété de la mosquée d'Omar et de la Sakhra. Le Soudan restait en possession des villages voisins de Jérusalem et une trêve de dix ans était conclue pendant laquelle Frédéric II s'engageait à empêcher les princes d'Occident d'attaquer l'Egypte^.
Le 17 mars 1229, Frédéric II faisait son entrée dans j la ville sainte. Le lendemain, troisième dimanche du carême, au point du jour, il vint dans la basilique du Saint-Sépulcre, revêtu du costume impérial, suivi de ses chevaliers. Une couronne d'or était déposée sur l'autel ; sans aucune cérémonie religieuse, Frédéric la prit et la plaça sur sa tête et se proclama lui-même roi de Jérusalem. Puis dans un discours qu'il prononça en allemand et en français, le grand maître Herman de Salza affirma que l'empereur était prêt à consacrer toutes ses forces au service delà sainte Église et invita les assistants à contribuer de leurs deniers au relèvement des fortifications de la ville. Eloignant les chanoines du Saint-Sépulcre, des chevaliers laïques firent une quête pour cet objet. Frédéric II tint ensuite sa cour et après un festin auquel assistèrent des chef musulmans, alla ouvrir la première tranchée pour la reconstruction des remparts ^.
Ainsi la politique gibeline de Barberousse et d'Henri VI semblait triompher en Orient, mais les conditions précaires dans lesquelles Frédéric II avait obtenu son succès étaient manifestes et il n'eut même pas jusqu'au bout l'illusion d'avoir imposé son autorité à ses nouveaux sujets. Le patriarche de Jérusalem avait refusé d'entrer dans la ville. Avant son départ Frédéric
i. CONTIN. GUILL. DE TYP., XXXIII, 8-9. RICHARD DE S. GERMANO, M. G. SS., XIX, 354-35fJ.