Cahun, p. 28S
aux pays conquis, leurs réquisitions méthodiques d'hommes, de chevaux, de subsistances, d'artisans nécessaires à la construction des machines de guerre, de clercs indispensables pour tenir leurs écritures étaient pour les Occidentaux un sujet d'effroi. En 1237, ils partirent des bords du Volga, s'emparèrent de Moscou et de Kiev et, en 1240, parurent aux frontières de la Hongrie qui avait donné asile aux Kiptchaks fugitifs. Le pape fit prêcher la croisade contre eux et trois armées s'organisèrent bientôt pour leur barrer la route : au sud des Hongrois et des Allemands, au centre les Tchèques de Bohême et de Moravie, au nord les Polonais appuyés sur les chevaliers teutoniques de Prusse, les Slaves de Silésie et les Allemands. Le chef mongol Souboutaï s'avança jusqu'au pied des Carpathes, et détacha vers le nord un corps d'armée qui battit les confédérés polonais (18 mars 1241), pénétra en Saxe, après avoir détruit à Liegnitz la grande armée du duc Henri de Silésie, négligea l'armée du roi de Bohême Venceslas et, parla Moravie, courut à marches forcées sur la Hongrie. Pendant ce temps, Souboutaï avait traversé les Carpathes, un autre corps mongol s'avançait par la Transylvanie et le 5 avril les trois armées mongoles opéraient leur jonction sur le Danube entre Pesth et Waitzen. Le 10 avril, la magnifique armée qu'avait rassemblée le roi Bêla était en fuite : les prodiges de courage des chevaliers occidentaux ne purent avoir raison de la stratégie savante des Mongols. Maîtres de la Hongrie tout entière, les vainqueurs s'avancèrent jusqu'à l'Adriatique ^
Auprès de cette invasion qui l'atteignait au cœur, qu'était pour la chrétienté le danger musulman? Il y eut alors dans toute l'Europe un instant d'angoisse
i. Cahun, p. 348-375. /logrerù' carmen miserahile^ M. G. SS.^ XXIX, 545-67,