CHAPITRE IX
§ 1. — La prédication de la croisade ; premiers rapports avec les Mongols.
Au moment où les maux de l'invasion mongole et de la prise de Jérusalem venaient accabler ainsi la chré-
oi), éd. E. Berger, Bib. Ec. de Rome. — Alexandre IV (1254-61) éd de la RONCERE de LEVE etCouLON, id. -Urbain IV (1261-1264), éd G JirauI
i7 irJVri l' ""?■- ^"•''"'^ ^^ ^'''^''•^' '^- - Nicolas IH (1277-1280),
CL?rT, S! ' (^^*^^^^^ - N'colas IV (1288-1292), éd. E. Lan-
Concilesde Lyon : i^o. Brevis nota eorum quœ in concilio Lugdu-
?mÀr \X ^T "° V "'"' ^' ^^ ^'^^P^"^ pontificale), éd. Mans^ xxni K ni* "^ .*^*- M^NS'' XXIV, 38 et suiv. et Humbert de Romans, général des Frères Prêcheurs : Livre sur les matières traitées au c^Ue de Lyon, éd. Martène. Ampliss. collect., VII 174-198
Relations avec les Mongols : Jean de Plan-Carpin (1282-1251), Voyages Pari 7.Z /^T^^'.-"' Mémoires de la Société de g éo g r aphte de hrTnni? ^- •'^«"J^s^el'û (même édition). Guillaume de Rubrouck (Ru!
1317). La partie relative à la croisade aurait été rédigée vers 27V,a^. «... «»«. «eifr., XX, 3-^. Guillaume de ChartreTchapelaTn dTioîa;
tienté, l'union qui eût été nécessaire pour faire face à ces nouveaux périls lui faisait complètement défaut. La lutte entre le pape et l'empereur avait pris en Alle-
Louls, éd. Rec. Hist. de Fr., XX, 28-41. Guillaume de Saint-Pathus, confesseur (\e la reine Marguerite, éd. Delàborde {Coll. de tertes , 1899). — Jean Sarrasin, clianuellan de saint Louis. Lettre à Nicolas Arrode sur la prise de Damiette, éd. Rec. Eist. or. Occ. Crois., Il, 489-639. —Pacta naulorum (traités de noiis entre saint Louis et les Génois en 1246 et 1268-1270), éd. JAL. Documents histor. inédits, I, 507-615. i8»l. — Lettre <le saint Louis au peuple de France sur sa captivité et sa délivrance, éd. BoNGARS. I, 1196-1200.
Étals latins d'orient : Les Gestes des Chiprois, compilation formée au XIV* siècle et comprenant : Une chronique de Terre Sainte (1132-1224), d'après Eraclfs; Philippe de Novare, Histoire de la guerre entre Frédéric II et Jean dlt>€lin (1212-1242). Chronique du Templier de Tyr (1242-1309), éd. M. Raynadd {Soc. Or. lat.). Genève, 1887. ~ Continuation de Guillaume de Tyr dite manuscrit de Rothelin (1229-1961), éd. Hist. Occ. Crois., IL — La Devise des chemins de Babiloine, mémoire envoyé en Europe vers 1289-1290 par les Hospitaliers, éd. de la trad. franc, du xni* siècle, Michelant et Raynaud, Itinéraires. Soc. Or. lat., 1882. — Excidium Urbis Acconis, éd. Martène, Ampliss. collect., V, 757-784. — Thad leus Neapolitanus. Bistoria de desolatione civitatis Acconensis, écrite à Messine en 1291, d'après des récits du siège d'Acre, éd. Riant, Genève, 1873, — Lettre du grand maître des Hospitaliers Jean de Villiers au prieur de Saint-Gilles, éd. V. Leclerc (traduct. franc, du xvi« siècle), Hist. littér. de la France, XX, 93-^. — Lettre de Ricoido de Monte-Croce, dominicain, sur la prise d'Acre, éd. Rôubicht, Arth* Or. lat., II, 264.
Monographies. — Lecoy de la Marche, La prédication de la croisade au XIH" siècle {Revu^ des Q. H., juillet 1890). — E. Bergkr, Saint Louis et Innocent IV. Étude sur les rapports de la France et du Saint-Siège. Paris, 1893. — Le Nain de Tillemont, Vie de Saint Louis, roi de France (éd. Soc. H.deFr.), 1847-51, 6 v. — Walloin, Saint Louis et son temps. Paris, 1875, 2 v. — Sepet, Saint Louis. Paris, 1898. — Rôiiricht, Der Kreuzzug Louis IX gegen Damiette. Berlin, 1890. — Delàborde, Joinville et le conseil tenu à Acre en i250 {Romania, 1894). — G. Paris, La chanson composée à Acre en 1250 {Romania, 1893). — G. Paris, Jean de Joinville (Hist. littér. de la France, t. XXXII, 1898). — Delàborde, Jean de Joinville et les seigneurs de Joinville. Paris, 1895. — Jillien, Note sur l'emplacement de l'ancienne Damiette {Bulletin de l'Institut égyptien).
— Sternfeld, Ludwigs des Heiligen Kreuzzug nach Tunis. Berlin, 1896.
— W. NoRDEN, Das Pappstum und Byzanz (p. 457-601). Élude importante sur la politique de Charlos d'Anjou en Orient. — Rey, Acre, sa topographie au XIII siècle {Mém. de la soc. antiq. de France, XXXIX, 115- 145; XLIX, 1-18). — RôHRiCHT, Die Eroberung Akkas {Forschungen fur deutsche Geschichte, XX). — Étude sur les derniers temps du royaume de Jérusalem. A. La croisade du prince Edouard d^ Angleterre. B. Les batailles de Hims (Arch. Or. lat., I, 619-52). G. Les combats du sultan Bibars contre les chrétiens en Syrie {Arch. Or, lat-t II, 365 ss.).
magne et en Italie le caractère d'une guerre civile : au milieu des passions qu'elle excitait dans chaque province et dans chaque ville, nul ne se souciait plus de la croisade et de la Terre Sainte. Au moment même où les Tartares occupaient la Hongrie, la chaire de saint Pierre était vacante et Frédéric II retenait prisonniers une partie des cardinaux. Ce fut seulement après leur libération, au bout d'un an et demi d'interrègne, que le Sacré Collège put élire un pape et choisir le cardinal Sinibaldo Fieschi. le 25 juin 1243. Le nouvel élu, qui prit le nom d'Innocent IV, avait eu de bons rapports avec Frédéric II avant son avènement. On put croire quelque temps à une réconciliation qui aurait rendu possible une croisade contre les Mongols. Malheureusement cet espoir fut éphémère : après quelques négociations, le pape dut quitter Rome déguisé en chevalier (2 décembre) pour éviter de tomber entre les mains de l'empereur. Il se réfugia à Lyon et y convoqua un concile œcuménique : la nouvelle de la chute de Jérusalem venait de jeter toute l'Europe dans la consternation.
Lourde était la tâche du concile de Lyon (juinjuillet 1245), auquel se rendirent 144 évêques, l'empereur de Constantinople Baudouin II, les patriarches de Constantinople et d'Antioche. Thaddée de Suesse, ambassadeur de Frédéric II, offrit au nom de son maître l'organisation d'une croisade générale destinée à repousser les Tartares et à reprendre Jérusalem. Mais le pape se défiait avec raison des promesses de Frédéric II et il repoussa ses offres. Le 28 juin, le pape ouvrit la première session par un discours sur 'les cinq plaies de l'Église : l'invasion des Tartares, le schisme des Grecs, l'invasion des Kharizmiens, le relâchement de la discipline et la persécution de Frédéric IL La rupture entre le pape et l'empereur fut donc définitive : Inno-
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cent IV prononça la déposition de Frédéric II et invita les princes allemands à élire un autre empereur; en; même temps il fit décider que la croisade serait prêchée dans toute l'Europe, que le clergé y consacrerait le vingtième de ses revenus, que les croisés seraient exempts de charges et d'impôts pendant trois ans et que les tournois sanglants qui privaient la chrétienté de ses défenseurs seraient interdits ^ . 5
Mais le renouvellement de la guerre entre Guelfes et Gibelins, qui fut la suite naturelle du concile de Lyon, devait condamner à l'impuissance tous les efforts faits pour organiser une croisade. L'ardeur pour la Terre Sainte avait visiblement diminué dans toute l'Europe et les légats pontificaux rencontrèrent partout des résistances : en Angleterre un mouvement très vif se produisit contre les levées d'argent qui accompagnaient la prédication de la croisade; à Ratisbonne, les bourgeois, partisans de l'empereur, décidèrent de punir de mort quiconque porterait la croix sur ses habits ; en Norvège, le roi Hakon IV s'était croisé en 1237, mais il obtint du pape d'accomplir son vœu en combattant contre les païens du nord. Les appels à la chrétienté fussent demeurés sans résultat sans l'élan mystique qui poussa le roi de France à prendre l'initiative d'une expédition contre les infidèles. Au cours d'une maladie qui faillit l'emporter, saint Louis avait déjà pris la croix (décembre 1244). 11 accueillit donc avec faveur les légats du pape, Eudes de Château et Raoul de Tusculum : Blanche de Castille et ses frères lui ayant remontré qu'un vœu fait pendant une maladie ne l'engageait pas, il le renouvela solennellement et dans un parlement, tenu à Paris, en 1245, ses trois frères, Charles d'Anjou, Alfonsede Poitiers, Robert d'Artois, le duc de